Des citoyens de Saharidj sont revenus, hier, à la charge, pour la troisième journée consécutive, en assiégeant le siège de la daïra de M’Chedallah.
Au même moment, un collectif de sages s’est déplacé à Bouira, et cela pour la deuxième fois, pour tenter de rencontrer le wali. La délégation de citoyens comptait d’abord lui remettre une plate-forme de revendications comportant toutes les contraintes que rencontre la population de cette commune, laquelle accuse un grand retard sur le volet du développement, et ensuite, lui arracher la promesse d’une prochaine visite à Saharidj. Le wali n’étant pas disponible, la délégation sera reçue par son chef de cabinet, auquel ils ont refusé de remettre le document destiné au premier magistrat de la wilaya. Le chef du cabinet leur a promis, de ce fait, de prendre attache avec le wali et de les informer le plus tôt possible de la suite donnée à leur doléances par le premier responsable de la wilaya. De retour à M’Chedallah, la délégation fera un compte rendu aux centaines de citoyens qui attendaient devant le siège de la daïra, où le personnel a pu travailler normalement dans la matinée. Le compte-rendu lu par les délégués a failli provoquer un début d’émeute. Les protestataires qui n’étaient vraisemblablement pas contents des annonces faites par leurs représentants, ont décidé de fermer de nouveau le siège de la daïra aux environs de 11h. Le faible cordon de sécurité se retrouvera vite débordé par une foule en furie, d’où le recours à des renforts de la police anti-émeutes, dont l’arrivée de deux camions sur les lieux a failli provoquer l’irréparable, ne serait-ce la présence d’esprits sages qui s’interposèrent les hommes en bleu et la foule, formant une barricade humaine. Les organisateurs, qui ont montré un admirable sang froid, intimèrent aux protestataires, en majorité des jeunes, de s’asseoir par terre devant le cordon des CRS. Ce qui eu pour effet de faire baisser la tension de plusieurs crans. Seulement, les citoyens campent sur leur position et sont déterminés à maintenir leur mouvement de protestation autant de jours qu’il ne le faudrait, jusqu’à faire aboutir leurs revendications dont la principale consiste en la programmation d’une visite du wali à Saharidj pour constater de visu l’état de son délabrement. Ce n’est que vers 14h que la foule se dispersera, en promettant de revenir à la charge. Notons que, cette fois, de nouveaux slogans ont été brandi, notamment ceux où l’on pouvait lire, notamment, « tu parle tu meurs, tu te tais tu meurs, alors parle et meurt », célèbre expression de feu Tahar Djaout, ou encore « à bas la répression, vive la liberté d’expression », « l’union fait la force et la force fait la loi », et enfin, « gloire à nos martyrs. »
Oulaid Soualah

