Les leaders du Mouvement Populaire Algérien (MPA) et de Tadjamou Amel El Djazair (TAJ), Amara Benyounès et Amar Ghoul, ont conjointement animé avant-hier jeudi, à la salle Sennani de Boumerdès, un meeting de campagne pour la prochaine présidentielle en faveur du candidat indépendant Abdelaziz Bouteflika.
Les interventions des animateurs de cette rencontre étaient programmées à partir de 14 h, mais une heure auparavant, la salle était déjà archicomble. Ce qui a fait craindre un éventuel désordre et poussé les organisateurs à prier de nombreux jeunes de céder leurs places aux femmes et aux personnes âgées. » Vous voyez que le meeting a pris l’air d’un festival que l’on aurait dû programmer dans un stade ou une salle plus vaste », lancera une militante du MPA à l’adresse de quelques femmes assises à proximité du rang réservé aux correspondants locaux de la presse écrite et audiovisuelle. « Quoique l’on dise, une telle atmosphère traduit, l’attachement de la population à ces deux partis soutenant Bouteflika, au moment ou d’autres personnalités politiques peinent à mobiliser les citoyens », lui rétorquera-t-on. A dire vrai, ce fut une atmosphère de fête. Les chants de groupes de jeunes qui chauffaient la salle étaient relayés, à intervalles réguliers, par d’autres chansons d’artistes professionnels incitant au vote. A l’heure prévue, Amara Benyounès et Amar El Ghoul entrèrent dans la salle, sous les applaudissements de l’assistance. Après l’entonnement de l’hymne national, puis une minute de silence en hommage aux Chouhada et aux martyrs du devoir, le secrétaire général du MPA prit la parole. Un groupuscule de jeunes a tenté de perturber son discours, mais des organisateurs, aidés par des policiers, ont pu rapidement rétablir l’ordre. Et à Amara Benyounès de dire : »Ces gens-là ne nous font pas peur, ils se disent démocrates alors qu’ils ne respectent guère la volonté populaire ». Il ajoutera que les partisans du boycott du scrutin présidentiel n’étaient qu’une trentaine, ces jours -ci, à Alger, alors que les citoyens qui s’apprêtant à aller voter, le 17 avril, se comptent par millions. Traitant les boycotteurs d’illogiques, il se demandera pourquoi ces derniers ont peur de la candidature de Bouteflika pour un quatrième mandat alors qu’ils parlent constamment de sa maladie, le décrivant comme incapable d’assumer les fonctions de chef d’Etat. «Le 17 avril, l’on saura que Bouteflika jouit toujours de sa crédibilité dans toutes les régions du pays», a t-il souligné sous les applaudissements de l’assistance. «Je le répète, le 17 avril sera un jour de fête et nous donnerons à ces boycotteurs des leçons de démocratie», a-t-il clamé tout en mettant en garde l’opinion publique contre toute tendance idéologique qui veut imposer le changement par la rue, en rappelant l’impact négatif qu’une telle politique a eu sur la Libye, l’Égypte et en Algérie dans la décennie 90. Lui succédant, Amar El Ghoul a réitéré la nécessité de voter au profit du candidat indépendant Abdelaziz Bouteflika. »La situation actuelle en Algérie et en Afrique du nord, exposée à des troubles, a dicté au président, qui est d’ailleurs en pleine possession de ses facultés, de se porter candidat pour un quatrième mandat. Et dans cette conjoncture, le peuple ne doit voter que pour cet homme, réputé pour sa clairvoyance, son intelligence et ses compétences en matière de diplomatie», a t-il expliqué en substance. Il ajoutera que «c’est un devoir de donner nos voix au Président, pour la quatrième fois, afin qu’il parachève son oeuvre de ré- instauration de la paix et de la stabilité». Le leader du TAJ rappellera brièvement, pour conclure, les nombreux acquis réalisés dans différents domaines, notamment socioéconomique, durant ces quinze dernières années. «Allons donc en masse aux urnes, le 17 avril prochain, pour renouveler notre confiance en notre président», a t-il clamé. A la fin du meeting, la foule a quitté la salle sur des airs et des refrains glorifiant Bouteflika, entonnés par des groupes de jeunes.
Salim Haddou

