À la chambre de l’artisanat et des métiers, où la responsable de ce secteur nous a accordé un entretien improvisé l’effervescence est à son comble. Le salon qu’elle organise, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 25 juin, s’apprête à accueillir une centaine d’artisans venant de 39 wilayas du pays. C’est un événement régional très important, qui a pour but de faire connaître les produits artisanaux, de promouvoir leur vente et de favoriser les échanges de savoir faire entre les participants. C’est la raison du choix de la Maison de la culture pour abriter cette foire artisanale, au lieu de Tikjda, expliquait, à ce propos, la directrice de la chambre, selon laquelle, « la politique mise en œuvre par le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, s’appuie, depuis 2004, sur le Fonds national pour la promotion des activités artisanales traditionnelles ». Ce dispositif d’aide très conséquent a déjà bénéficié à 30 artisans, avec des enveloppes financières variant entre 20 et 100 millions, environ. Pour l’année en cours, ce sera une trentaine d’autres, aux dires de notre interlocutrice, qui en bénéficieront. Créée seulement en 2010, la Chambre n’a pas bénéficié avant de cette manne, le secteur ayant longtemps été rattaché à la wilaya de Bejaïa, a-t-elle souligné encore. La directrice a abordé ensuite, la création d’ateliers vivants, qui revêt une importance capitale, les activités qui se font sur place étant liées directement aux traditions, comme le tissage, par exemple. Vient, ensuite, la production des biens, puis la production des services. Mais une attention particulière est prêtée aux activités en voie de disparition, comme le travail du cuir et la poterie, notamment. D’où la présence en force, à ce salon, des institutions chapeautant les dispositifs de soutien comme l’ANSEJ, l’ANGEM, la CNAC, les banques…
Le salon comportera, aussi, d’autres ateliers consacrés aux enfants, afin de les initier, très tôt, au patrimoine artisanal et au savoir faire ancestral. Selon les statistiques fournies par Mme Ibtissem Benhamouda, la responsable du secteur, le nombre d’artisans dans la wilaya de Bouira est en constante progression, passant de 42, en 1998, à 690 en 2013. Celui des femmes est passé de 9 artisanes, en 98, à 47 en 2013. Au sujet des activités artisanales créatrices de richesses et d’emplois, la directrice a fait remarquer que, là encore, la courbe est ascendante. En effet, si l’on a enregistré en 2003, 89 000 de ce type d’activités dans la wilaya, grâce aux efforts consentis dans le cadre de soutien et de promotion des produits artisanaux, le chiffre est passé en 2010, à 185 000, soit un taux de progression de 107%. Au titre de la création d’emploi, en 2003, les chiffres étaient de 130 000. Ils sont passés, en 2010, à 390 000, soit un taux de progression de 147%. En termes de création de richesses, la directrice a fait savoir que les activités artisanales développées dans le secteur entrent dans le PIB pour 7 milliards, en 2005, atteignant, en 2010, 129 milliards, soit un taux de progression de 72%. S’inscrivant dans une démarche d’accompagnement, de concertation et d’ouverture à toutes les initiatives privées, mais sans jamais sortir du cadre tracé pour le développement du secteur, par la revalorisation des métiers artisanaux. La directrice, qui attend beaucoup de ce salon, qui pourrait être rehaussé par la présence de la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, et de la ministre déléguée à l’Artisanat, sous le patronage desquels est placé ce salon, faisait déjà face aux moult problèmes qui se posent pour réunir les conditions de réussite de cet événement d’envergure régionale.
Aziz Bey
