Draâ Ben Khedda : Ils dénoncent la précarité de leur quartier – Les résidents de la cité AADL 2 en colère !

«Si nous avons des obligations, l’administration aussi a des devoirs envers nous ! », s’insurge la centaine de résidents de la cité des 164 logements AADL 2 de Draâ Ben Khedda. En effet, ils sont au moins une centaine de résidents de la cité des 164 logements AADL 2 à se rassembler dans la cour de la cité face à l’administration qui gère les lieux, attendant l’arrivée du responsable. Dans une déclaration, dont une copie nous est remise, les signataires s’insurgent contre l’indifférence de l’administration gérante de la cité : « Nous avons le regret de vous faire retour des quittances de paiement de septembre 2014 ». En effet, les locataires refusent de payer les charges s’élevant à 2700 DA par mois pour différentes raisons qu’ils citent dans une dizaine de points : « Caves inondées d’eaux usées, laissées à l’air libre, dégageant des odeurs nauséabondes, insupportables et entrainant la prolifération de rats et de moustiques qui envahissent tous les logements et espaces communs ». Les locataires s’inquiètent aussi sur la santé de leurs enfants, notamment les asthmatiques et les personnes âgées. Les locataires dénoncent les pannes récurrentes des ascenseurs dans cette cité dont les bâtiments comptent neuf (9) à quatorze (14) étages pénalisant tout le monde, particulièrement les malades. « Une femme atteinte de maladie chronique n’est pas sortie de chez elle pour une simple visite médicale, depuis plus de 25 jours », se plaint son mari. « Un handicapé ne peut atteindre son domicile du 11ème étage, bâtiment 2 », nous avance son père. Un autre soulève le problème des enfants dont les cartables sont trop lourds pour eux de les porter jusqu’au 14ème étage. Un autre nous raconte les difficultés qu’il avait endurées, lors du décès de son fils de 16 ans. Les locataires qui nous parlent nous montrent les carreaux cassés non remplacés par l’administration mise au courant. Ils dénoncent énergiquement le problème de l’étanchéité de tous les blocs. « Les locataires situés aux derniers étages vivent le calvaire avec les pénétrations d’eau », soulignent-ils. Durant la nuit, la cité est plongée dans l’obscurité totale : éclairage des espaces communs défectueux, cages d’escaliers, hall, issues de secours, etc. Ils dénoncent également le manque d’hygiène et d’insécurité. « La protection civile avait évité le pire grâce à sa prompte intervention au niveau des bâtiments 1, 4 et 5, où un incendie a failli être déclenché. La peinture extérieure dans un état lamentable pour une cité d’à peine 5 ans et le trop plein d’eau au niveau de la bâche à eau pour absence de drainage », écrivent-ils encore. Les locataires nous déclarent qu’ils ont même acheté des lampes de leurs poches. La chaîne montante du bâtiment 5 est à revoir. Les résidents de la cité énumèrent les différentes réparations et les travaux que devra entreprendre l’administration de la cité « qui méprise ses locataires » et dont le personnel « gardiennage absent à partir de 16h même si nous payons 600 DA/mois par véhicule ». Ce n’est que vers 10h que le responsable arrive et une forte délégation a été reçue dans son bureau. Les locataires ont exposé leurs préoccupations, remis une copie de la pétition et des feuilles d’émargement des résidents. Ils ont fini par convaincre le gérant de la cité par accepter de recevoir les quittances qui vont être retournées à l’administration centrale à El Harrach. « Nous payerons nos quittances une fois les travaux entrepris ! » affirment-ils. Une réponse est attendue du chef et pour le moment, les résidents se sont fixés rendez-vous pour réélire le bureau du comité de la cité.

Arous Touil