La crise qui secoue l’Assemblée populaire de la wilaya de Béjaïa, depuis maintenant deux semaines, amorce désormais un tournant décisif dans son fonctionnement.
Après deux reports et une guerre de mots entre le P/APW, Mohamed Bettache, et les 22 élus de l’opposition, le wali de Béjaïa intervient pour mettre de l’ordre dans une assemblée minée jusque-là par de graves dissensions et un bras de fer sans précédent entre les élus du FFS et ceux des autres partis pour le contrôle de l’exécutif de l’APW. Ainsi, Hamou Ahmed Touhami, soucieux de faire voter le budget primitif pour l’exercice 2015, vient de convoquer les élus de l’APW pour une session extraordinaire qui aura lieu demain, 28 décembre 2014. «Conformément aux articles 15, 16, 17, 165 et 168 de la loi n°12-07 du 21 février 2012 relative à la wilaya, le wali a convoqué une session extraordinaire de l’assemblée populaire de wilaya pour le 28 décembre 2014 à l’effet d’examiner et d’approuver le budget primitif 2015», indique la cellule de communication de la wilaya de Béjaïa dans un message transmis, avant-hier, jeudi, à la presse. De son côté le P/APW de Béjaïa, Mohamed Bettache, en se référant à l’article 15 de la même loi, convoque une autre session pour le 4 janvier 2015 pour «examen et adoption du budget primitif de l’exercice 2015 et conformité de l’assemblée aux textes et règlements». Force est de constater que le fossé qui séparait jusque-là le P/APW et les 22 élus de l’opposition s’est davantage élargi avec l’intervention du wali. Des sources proches de l’institution élue croient savoir que les deux parties en conflit n’allaient pas se rencontrer à la salle des délibérations de l’APW de sitôt. Dans cette optique, les élus de l’opposition, désormais détenant une majorité absolue, compteraient prendre part à la session extraordinaire convoquée par le wali de Béjaïa pour demain et boycotter l’autre session convoquée par le P/APW. De leur côté le P/APW et ses colistiers du FFS, qui n’ont présentement aucun pouvoir pour renverser le rapport de force au sein de l’institution en leur faveur, feraient exactement le contraire en boycottant la session convoquée par le wali. Depuis le remaniement des commissions permanentes de l’APW par les élus du FLN, du RCD, du FSLD et deux autres du RND, à l’insu même du P/APW, la première institution élue de la wilaya de Béjaïa a plongé dans une crise sans précédent. Dès lors, les deux parties en conflit se regardent en chiens de faïence et se renvoient la balle, compromettant ainsi le développement de la wilaya.
Dalil S.

