Dans l’après-midi d’avant-hier, samedi, les habitants de la cité du 1er Novembre, relevant de la commune d’El Esnam, à une vingtaine de kilomètres à l’Est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, sont montés au créneau. Ainsi, las d’attendre une hypothétique amélioration de leur cadre de vie, les protestataires ont barricadé la route nationale n°5 à l’aide de troncs d’arbres, bennes à ordures et autres pneus enflammés, afin de réclamer un plan d’aménagement pour leur quartier. Ce dernier est, d’après les contestataires, «sinistré et complètement à l’abandon». Il faut dire que ce quartier s’assimile beaucoup plus à un bidonville qu’à une cité digne de ce nom. Les trottoirs sont délabrés, le réseau d’assainissement daterait d’une vingtaine d’année et les ruelles sont truffées de nids-de-poule et autres crevasses. À cela s’ajoute un éclairage public défaillant la quasi majorité du temps. Selon certains habitants, les récentes pluies qui ont touché la région ont mis à nu les carences avérées de ce manque d’aménagement. Il est utile de rappeler que ces habitants ne sont pas à leur première action de rue. C’est la sixième en moins de trois ans. À ce propos, le P/APC d’El Esnam, M. Hellal, notera le fait que c’est «à la D. U. C de prendre en charge ce dossier d’aménagement». «La Direction de l’urbanisme de Bouira est la seule autorité concernée par cette affaire ; nous avons déposé à leur niveau un dossier avec étude de l’aménagement au mois de juillet dernier. La commission s’était réunie en présence des services concernés, comme la Sonelgaz, l’ADE, la Protection civile et l’hydraulique. Les services de l’hydraulique avaient alors émis un avis défavorable à cause d’une conduite AEP de 200 mètres qui traverse le quartier». Par ailleurs, il y a lieu de souligner le fait que le blocage de la RN5 a provoqué la paralysie de la circulation sur cet axe routier, qui relie notamment Bouira aux communes et villages de l’Est de la wilaya. Après des négociations avec les autorités locales, les habitants ont décidé de lever les barricades en fin d’après-midi.
R. B.
