L’agriculture otage du morcellement foncier

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Le secteur de l’agriculture à Tizi-Ouzou a été, hier, au centre des débats à l’assemblée populaire de wilaya.

La session était une occasion de mettre en avant les difficultés qui minent le secteur de l’agriculture à Tizi-Ouzou. Certes cette région recèle des potentialités non négligeables dans le domaine de l’agriculture, mais il n’en demeure pas moins que le secteur souffre. Les agriculteurs paient le prix fort pour un rendement bien loin des attentes et des potentialités. Hier, l’assemblée populaire de wilaya a tenté de se pencher sur la question initiant une session dédiée à l’agriculture de Tizi-Ouzou. Lors de la session et après un état des lieux chiffré sur le secteur et ses filières au niveau de la wilaya, présenté par le directeur de l’agriculture lui-même, le président de la commission agriculture, hydraulique, pêche et artisanat a présenté son rapport. Parmi les problèmes rencontrés par les agricultures, on notera les problèmes de propriété. Une réalité qui, d’après le président de la commission, M. Ladaouri, limite l’investissement dans le secteur. « Plus de 80% des propriétés détenues par le privé ne sont pas titrées. Avec de telles situations, les agriculteurs font ainsi face à un accès limité aux différents financements au dépend de la rentabilité des investissements agricoles », soulignera-t-il. Pour cette commission, l’agriculture à Tizi-Ouzou est freinée par « le morcellement des terres, la dépendance des exploitations d’élevages des autres wilayas, l’importation de leur approvisionnement en intrant de production, la faible qualification des intervenants dans le secteur et le manque d’organisation des filières sont des handicaps majeurs au développement du secteur dans la wilaya. Et ce n’est qu’avec l’assainissement du foncier et un remembrement des terres, pour rendre fiables les exploitations, que la levée des contraintes peut se faire ». En plus de cette perspective, la commission couronne sont rapport avec la nécessité d’orienter les investissements agricoles vers l’industrie de service, tels les abattoirs et le conditionnement pour dynamiser le secteur. L’investissement dans l’agriculture de montagne est aussi une des solutions à privilégier avec « un programme spécial agriculture de montagne ». D’autant plus que le rapport de la commission souligne qu’aucune filière n’est, d’ailleurs, à l’abri de problèmes mettant en cause le rendement. Des problèmes face auxquels même la production végétale n’est pas épargnée. L’intervention des élus lors de la séance-débat aura permis de mettre le doigt sur d’autres points à revoir. C’est le cas de la nécessité d’ouvrir plus de pistes agricoles permettant l’accès aux terres, notamment dans les régions enclavées en plus des 200 km ouverts par la direction agricole, comme souligné par le premier responsable du secteur lors de son intervention. « Des pistes qui doivent être entretenues pour ne pas subir les affres du temps » ont souligné certains élus à l’APW. Les élus se sont, ainsi, entendus sur le fait que la valorisation des potentialités peuvent générer des bénéfices qui, non-seulement, permettront l’autosuffisance en produits agricoles, mais également généreront des bénéfices et des postes d’emploi pour les jeunes chômeurs.

T. Ch.

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