«La santé n’a pas de prix»

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Dans le but de sensibiliser les citoyens sur les nouvelles visions stratégiques du plan cancer 2015-2019, L'ESP et l'EPH, ont organisé conjointement, dimanche dernier, des portes ouvertes, au niveau de la bibliothèque communale du chef-lieu de Larbâa Nath Irathen.

Les citoyens ont eu droit à de nombreuses explications et éclaircissements sur cette maladie du siècle. Le personnel de la santé est mobilisé spécialement pour cet effet. Le but de cette journée, est effectivement d’expliquer les nouvelles visions stratégiques pour réduire le nombre de malades mais surtout leur meilleure prise en charge. Selon les médecins présents lors de cette journée, le dépistage précoce et la prévention restent les meilleurs moyens de lutter contre ce fléau qui décime des milliers de personnes au monde. Les médecins parlent de 45 mille nouveaux cas par an, en Algérie. Ce qui reste énorme. Durant cette rencontre, les citoyens ont eu droit à de nombreuses explications sur les facteurs à risques de cette maladie, tels que le tabac, l’alcool, mais aussi, la nourriture anarchique et non équilibrée (sucre, boissons…), qui sont aussi, l’une des principales causes. Aussi, selon ces derniers, les cancers du poumon, du sein et du colon, restent les plus fréquents. Chez l’homme, le cancer le plus fréquent est le cancer du poumon qui touche près de 18%. Chez la femme, le cancer le plus fréquent est le cancer du sein, les chiffres sont très élevés, on parle de 63% de femmes atteintes. Or, un simple diagnostic précoce, surtout pour la femme peut changer la donne et réduire ce chiffre de plus de la moitié. La mammographie est un examen qui peut sauver des milliers de vies. Malheureusement le dépistage est négligé par de nombreuses femmes. Une des intervenantes, qui a participé à cette journée, approchée par nos soins, nous dira: « Les femmes négligent leurs santé. Elles parlent du prix jugé coûteux. Ce qui est faux, la santé n’a pas de prix ! Je sais de quoi je vous parle, croyez-moi. La preuve, une journée comme celle-ci, n’attire pas grand monde. Ce qui est très décevant.» Et d’ajouter : «Nous avons fait du porte à porte, nous sommes sortis en dehors de l’enceinte du lieu de cette rencontre pour essayer d’attirer et de donner d’éventuelles explications pour la population, mais en vain. Aucune d’entre elle n’a pris la peine d’entrer. Pourtant nous avons fait des affiches, nous l’annoncé à la radio et dans les journaux mais rien. Il y a un désintéressement total de la part des citoyens. Dire que ce sujet reste toujours un tabou. Voilà la triste réalité. Seul point positif est que nous avons malgré le désintéressement de la population, nous avons pu donner des explications à plusieurs femmes, surtout concernant les jeunes femmes, mais aussi, certains hommes. En fait, on peut dire que les femmes ne parlent pas, ou parlent peu avec leurs maris, concernant la mammographie. Pourtant cet examen, fait au bon moment sauve des vies, déclare un des médecins qui a donné de nombreuses explications à un groupe de femmes qui voulaient savoir un peu plus sur ce sujet. A la question : à quoi sert la mammographie? Le médecin répond : «De nos jours, une femme sur 10 est atteinte du cancer du sein, généralement après 40 ans. Beaucoup de ces cancers pourraient être guéris s’ils étaient traités au début de leur développement. La mammographie précoce augmente les chances de guérison.» A la question : quand faut-il faire la mammographie? Une mammographie est habituellement faite après 40 ans. Un examen tous les deux ans est nécessaire. Mais chaque femme peut faire, un examen des seins, une fois par mois.

A quoi sert l’échographie mammaire?

Si le radiologue juge nécessaire, l’échographie peut être réalisée. Elle permet de compléter et de préciser les images obtenues par la mammographie. Quel est le temps et quelle est la durée nécessaire pour connaître les résultats de la mammographie? Cet examen est interprété par le médecin radiologue et les résultats sont donnés, généralement le lendemain de l’examen. Si une anomalie est détectée, cela ne signifie pas forcement qu’il s’agit d’un cancer. Des examens complémentaires seront nécessaires. On attend deux ans pour refaire une autre mammographie. «Mais si vous constatez un changement dans l’apparence de vos seins, comme une bosse, une rougeur ou un clouement, n’hésitez pas à consulter sans tarder votre médecin traitant.» insistera un des médecins présents lors de cette rencontre. On peut déduire que la prévention reste l’une des meilleures façons de lutter contre ces cancers. Mais cela reste l’affaire de tout le monde, autrement dit, la contribution de tout le monde est plus qu’indispensable afin de lutter contre ce fléau.

Bien que ces portes ouvertes n’attirent pas le nombre de personnes souhaité on peut retenir que ces rencontres servent à grand chose dans la mesure où une semaine après cette rencontre, les services hospitaliers ont enregistré un nombre élevé de femmes qui se sont rendues aux services PMI (protection infantile) pour faire un dépistage. Mais aussi, selon notre source, une salle sera spécialement aménagée au niveau de l’EPH pour accueillir les malades du cancer. Soit pour se reposer ou soit pour un suivi psychologique.

Y. Z

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