… Rassemblement et prises de parole à Béjaïa

«La journée internationale de la liberté de la presse n’est pas une fête, mais un jour de combat et de lutte », a annoncé d’emblée Kersani A., membre du collectif des journalistes de Béjaïa, lors du rassemblement organisé hier, à la placette Saïd Mekbel, devant des dizaines de confrères et militants des droits de l’homme, venus célébrer cet évènement. « Le meilleur hommage que nous pouvons rendre aux journalistes tués à cause de leurs écrits est de continuer leur combat », a-t-il renchéri sous les applaudissements approbateurs de l’assistance. Etaient aussi présents à ce rassemblement, des représentants de LADDH, d’Amnesty International, Café Littéraire et du Rassemblement des jeunes algériens (RAJ), lesquels se sont succédés à la tribune pour rappeler le tribut que la presse algérienne a payé pour s’affranchir du joug des obscurantistes et des ennemis de la liberté d’expression. « La liberté est le socle de tout progrès. Sans elle, la société ne peut pas prétendre au vrai développement », a annoncé le président du CCDH de Béjaïa. Pour Ouyougoute M., journaliste et auteur d’un livre consacré à la Médiatisation des mouvements sociaux en Kabylie, beaucoup reste à faire pour une meilleure pratique journalistique en Algérie. « Aujourd’hui, il y a un flou dans la profession du journalisme au pays, entretenu par un vide juridique », a-t-il constaté. Côté qualité il fera remarquer que « l’inflation de quotidiens, plus d’une centaine, n’est pas suivie par le professionnalisme ». « Il y a seulement une dizaine de quotidiens qui a un lectorat important », a-t-il ajouté tout en déplorant que la régression est encouragée par le pouvoir politique. Par ailleurs, le comité de soutien aux travailleurs de la wilaya de Béjaïa a rendu un vibrant hommage aux journalistes de la wilaya qui ont, selon lui, « contribué par leurs écrits à la sauvegarde de plusieurs entreprises, menacées de fermeture ». « C’est grâce à vos écrits que l’ETR, l’ERENAV et Getic El Kseur ont été sauvées d’une disparition certaine », a affirmé le président du CSTWB.

Boualem Slimani