Avis mitigés sur les sujets de philosophie et des sciences naturelles à Boumerdès

Comme dans d’autres wilayas, ils étaient des centaines d’élèves de terminale, durant la matinée d’hier, au niveau des différents centres d’examen de Boumerdès, à se plancher sur les épreuves du troisième jour du bac. À leur sortie des classes, les réactions des candidats littéraires et scientifiques étaient mitigées. Les littéraires avaient rendez-vous avec l’épreuve de philosophie, souvent considérée comme leur bête noire. Les candidats attendaient donc ce troisième jour d’examen avec angoisse, d’autant plus qu’on n’avait point cessé de distiller, y compris la veille, des rumeurs sur l’intitulé des sujets. « Au lieu de récupérer mes forces après une petite révision, dans la soirée de lundi, j’ai dû encore rédiger plusieurs dissertations pronostiquées pour la philosophie via les réseaux sociaux, mais ce ne fut qu’une pure perte de temps », nous a confié nerveusement, une candidate en lettres et langues étrangères, à sa sortie du centre Aïssat Idir du chef-lieu de wilaya. Ses camarades ne s’attendaient point, eux aussi, à ces deux premières questions au choix, se rapportant respectivement aux notions de l’axiome et du postulat en mathématiques, et à la conscience de soi et autrui. Les candidats concernés, qui affrontaient une épreuve de coefficient 2 mais importante dans le décompte final des notes, s’étaient rabattus sur le texte d’un auteur arabe, méconnu, qui abordait la différence entre l’observation usuelle et l’observation scientifique. Et ils feignent ainsi d’oublier, commentera un prof de philo que, « les examinateurs sont souvent plus sévères avec ceux ayant choisi l’étude ordonnée et analyse philosophique d’un texte ». Il y a eu, par contre, moins de pression du côté des candidats de la filière des lettres et philosophie. Certes eux aussi ils l’attendaient fébrilement, mais les sujets leurs paraissaient cette année simples. Les deux premiers, dont l’un exigeait l’emploi de la méthode dialectique et l’autre celle de la critique affirmative, se rapportaient respectivement aux systèmes économiques et à la théorie physiologique sur la conservation des souvenirs, alors que le texte signé par Claude Bernard traitait de l’importance de l’hypothèse dans la méthode expérimentale. « Avant de m’asseoir ce matin à table, j’étais très inquiet, mais dès la lecture des trois sujets, j’ai choisi aussitôt le premier que j’ai bien développé », jubile un longiligne de 21 ans, candidat libre inscrit au CNEG. Les candidats scolarisés de la filière citée étaient, eux aussi, pour la plupart décontractés. « Je pensais que je ne pourrai pas m’en sortir car j’éprouvai souvent des difficultés à attaquer un sujet de philosophie, mais après l’épreuve de cette matinée, je n’ai plus de souci avec cette matière de coefficient 6 », ajoutera un autre candidat qui se préparait pour affronter l’épreuve de français, programmée dans l’après-midi. Les candidats de la filière scientifique avaient, eux aussi et pour la plupart, facilement abordé hier, l’épreuve de sciences naturelles qui s’articulait autour de deux grands chapitres au choix, se rapportant l’un aux questions sur l’hérédité et l’autre à celles des cellules L. T. C. « Nous escomptons une note élevée en science pour combler nos lacunes dans l’épreuve des mathématiques de la veille », témoigneront des candidates à leur sortie du lycée Frantz Fanon du quartier voisin des 800 logts. L’une d’entre-elles, se disant encore choquée suite à son ratage de cet examen des maths, jurera que ces questions, nécessitant des réponses trop longues, sont différentes des problèmes que j’ai résolu facilement à partir d’annales de bac de 2008 à 2014. « Quelle est donc la cause de notre faiblesse dans cette matière », se demandera-t-elle sachant que ses nombreux autres camarades ont pratiquement éprouvé les mêmes difficultés. Certains candidats au bac, angoissés, comme ceux des lettres et langues étrangères, hier, après l’épreuve de philo, incriminent pour leur part le long débrayage des enseignants entre février et Mars derniers, d’autant que les sujets proposés figuraient dans les chapitres programmés en cette période.

Salim Haddou