Saharidj : Suite aux dernières intempéries – Les routes complétement défoncées

Les innombrables avaries provoquées par les violentes tempêtes de pluie et de neige de l’hiver passé au niveau de la plupart des routes communales qui desservent l’ensemble des villages de haute montagne dans la commune de Saharidj, ne sont pas encore prises en charge.

Cela malgré le danger de mort qu’elles représentent pour les nombreux usagers qui les empruntent matin et soir. C’est le cas de celle desservant «Timeskidha» du village Ath Hamad via Ahriq Oucherid à partir de la RN30, et dont un tronçon d’environ 80m a subit un glissement de terrain dont les terres ont été emportées par l’érosion.

Seulement, la croute du goudron était restée suspendue dans le vide et a piégé le conducteur d’un engin de travaux publics qui a de surcroît pris en remorquage un tracteur agricole tombé en panne. Cette fragile croute a brusquement cédé sous le poids des deux engins, qui ont chuté dans un ravin profond de quelque 100 m, ne laissant aucune chance aux deux malheureux conducteurs. Cela s’est passé la veille de l’Aïd.

Le conducteur de l’engin a rendu l’âme sur le coup tandis que celui du tracteur agricole s’en est sorti avec de multiples fractures plus au moins graves, et risque des séquelles à vie. Au niveau du village mitoyen Ath Ilithen, un autre affaissement de la même dimension que celui d’Ahriq Oucherid, s’est produit durant la même période, soit entre février et mars. Une avarie qui ne cesse depuis de prendre de l’ampleur au point où, à l’’heure actuelle, cette route s’est retrouvée fermée à la circulation, coupant ce village du reste du monde.

Une négligence qui fait réagir les citoyens qui sont allés jusqu’à procéder à la fermeture de l’APC au début de ce mois en guise de protestation contre cet inqualifiable laisser-aller et le retard mis pour la prise en charge de cette avarie, qui risque de durer encore dans le temps. Deux autres avaries similaires se sont manifestées ce même hiver sur le chemin de wilaya qui relie la RN30 à partir de Saharidj à la RN15 à Selloum, dans la commune d’Aghbalou, via Iwakuren.

La première avarie se présente de la même façon, soit un glissement de terrain entraînant un tronçon d’environ 60m à l’entrée du village Ighzer ; elle est survenue depuis 2013. Une opération de consolidation n’a été enclenchée qu’au début de l’hiver passé. L’entreprise à laquelle ont été confiés les travaux, prétextant les intempéries de l’hiver passé a plié bagages après avoir réalisé une insignifiante longueur de gabionnage, long de quelque 10 mètres.

Elle n’a depuis plus donné de signe de vie. Le mouvement continuel du terrain en ces lieux fait que cette route, en plus de constituer un véritable piège pour les usagers, ne tarderait pas à être fermée à la circulation, ce qui pénaliserait les nombreux agriculteurs de l’Aarch Iwakuren dont plusieurs récoltes arrivent à maturité durant la saison de l’automne, en plus de s’occuper de leurs troupeaux de cheptel lâchés dans les pâturages collectifs. Ces agriculteurs résident à Raffour et empruntent aussi cette route quotidiennement.

Cette dernière, dans son état actuel, ne tarderait pas à faire les premières victimes si rien n’est fait dans l’immédiat, d’autant plus qu’en guise de balisage, des citoyens ont entreposé des branchages le long de l’avarie qui prend les formes d’un précipice terminé par un profond ravin. Une chute en ces lieux serait fatale. Une deuxième avarie qui ne cesse de s’élargir s’est produite à proximité du village Tadart Lejdid et aura les mêmes conséquences si elle n’est pas prise en charge dans l’immédiat.

Où sont passés les services étatiques concernés ? Faudrait-t-il attendre que ces routes fassent de nouvelles victimes pour réagir ? Un cas de défaillance dans la gestion des ouvrages d’utilité publique des plus névralgiques sur lequel doivent se pencher sans retard les hautes autorités avant l’arrivée de l’hiver prochain qui serait sans nul doute catastrophique sur ce volet des infrastructures routières.

Notons enfin pour conclure que la plus récente de ces avaries date de plus de 06 mois, ce qui explique l’impatience des villageois qui sont plus qu’excédés par cette situation.

O. S.