Fuite de cerveaux

Selon des chiffres publiés par l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement economique, qui se préoccupe de l’expansion économique et de l’emploi, en Europe et dans le monde, c’est 210 000 diplômés algériens de haut niveau qui vivent et travaillent à l’étranger, notamment en Europe. Par cadres de haut niveau, il faut entendre des médecins, des professeurs d’université, des informaticiens, des économistes, des architectes… En France seulement, il y a 10 000 médecins algériens, surtout des spécialistes et des professeurs, alors que des hôpitaux algériens en manquent cruellement. On peut en dire autant des enseignants de rang magistral, maîtres de conférence et professeurs, qui remplissent les universités occidentales alors que les étudiants algériens peinent à trouver un encadrement pour leurs recherches. Des cadres dont l’Algérie a tant besoin et dont la formation lui a coûté des investissements énormes. En effet, le prix de formation d’un chercheur revenant à 150 000 euros, le calcul des pertes est vite fait : 315 milliards d’euros, soit 400 milliards de dollars. De quoi construire plusieurs centaines d’écoles, d’universités, d’hôpitaux, de routes… Les raisons de cette fuite des cerveaux sont connues : mauvaises conditions de travail en Algérie, salaires très bas, manque de considération pour les intellectuels. Mais plutôt que de continuer à ressasser les griefs, ne faut-il pas améliorer les conditions de vie de ces cadres pour empêcher le départ d’autres, arrêter l’hémorragie ?

S. Aït Larba