La faculté d’économie toujours en grève – Le départ de la doyenne réclamé

La grève des étudiants de la faculté des sciences économiques, de gestion et des sciences commerciales enclenchée depuis le 20 février dernier est toujours d’actualité. Ils demandent maintenant le départ sans conditions de leur doyenne. En effet, hier encore, un point de presse a été tenu par des représentants des étudiants ainsi que ceux des enseignants dans un amphithéâtre au campus de Hasnaoua. Il faut dire que les enseignants de ladite faculté se sont joints à la grève des étudiants ayant perduré vainement dans le temps. En fait, les enseignants se sont exprimés en premier devant les journalistes. «Au début, nous nous sommes dits que peut-être nos étudiants ont exagéré. Mais finalement, la doyenne avec laquelle nous n’avons aucun problème personnel, a fait montre d’un excès d’autorité vis-à-vis des étudiants et des enseignants également. Elle refuse toute forme de dialogue, elle ne reconnait pas les comités autonomes, c’est pourquoi elle se trouve isolée aujourd’hui», ont fait savoir nos interlocuteurs. Les déclarations de ces enseignants ont été soutenues bien-sûr par les étudiants qui ont ajouté d’autres détails concernant leur action de grève. «Il faut savoir que notre doyenne a usé de tous ses moyens afin de perturber la cohésion retrouvée des étudiants. Après avoir mis la pression sur des membres actifs du comité nous apprenons dernièrement que notre responsable s’est appropriée les dossiers pédagogiques -chose qui n’est pas du tout légale- de certains étudiants du comité», diront de leur part les étudiants. «En principe, la doyenne avait déposé sa démission. Mais que fut notre surprise d’apprendre au niveau du rectorat qu’elle est revenue sur sa décision !», diront encore les enseignants. Répondant à l’une des questions des journalistes présents dans l’amphi où s’est tenu le point de presse, un enseignant déclarera : «Nous n’avons pas l’intention de créer une règlementation parallèle, ce ne sont pas nous qui allons dicter au doyen quoi faire ou ne pas faire, mais à l’université il ne doit pas y avoir de l’autorité». Et de continuer : «Réclamer la démocratisation de l’université est légitime, si cela n’arrive pas aujourd’hui, ce serait pour demain». Comme d’autres actions à entreprendre si la doyenne ne démissionne pas, les enseignants annoncent : «Nous avons parlé d’une démission collective des enseignants, et évoqué aussi une grève de la faim». Jusqu’ici, il faut dire que les marches, les rassemblements et les assemblées générales auxquels ils ont recouru pour manifester leur refus de cette situation, n’ont abouti à rien du tout. Il est à souligner, par ailleurs, que d’autres départements et facultés initient, eux-aussi, des journées de grève demandant à ce qu’il y ait un dialogue entre enseignants, étudiants et administration, à l’image du département d’anglais qui a observé aujourd’hui une journée de grève.

Noureddine Tidjedam