Thaâchourth et Thimechret

l A travers toute la daïra de Mekla, de village en village, la journée de « Taâchourts » est préparée avec un soin méticuleux. Pour certaines communautés, la tradition ancestrale et la religion se sont confondues. Les visites aux lieux saints sont de rigueur et il ne faudra pas s’étonner de voir les longues processions féminines à travers toutes les routes. A charge pour la gente masculine de garder la maison. Ce qu’il ne faut pas oublier de rappeler, c’est que certains villages (commune de Mekla) continuent encore de célébrer la fête de l’achoura selon la tradition, et le plus étonnant est que les vieux et les jeunes continuent de sillonner les ruelles des villages portant la traditionnelle tenue ainsi que le masque de « Bouaffif » qui fait penser étrangement à « Halloween » !, Serait-ce une similitude ? On peut aisément s’imaginer ces personnes de tout âge frappant aux portes et quémandant : « Bouaffif, thimelaline, assourdi nagh sine ». Le terme de « assourdi » (monnaie, semble-t-il espagnole), remonte aux temps lointains et symbolise l’antique monnaie dont tout le monde a gardé le souvenir. Cela commence avant la date de l’achoura pour prendre fin trois jours plus tard. Pour certains villages (commune de Souama), c’est l’occasion du sacrifice rituel des bœufs qui seront distribués généreusement à tous les villageois, selon une habitude ancestrale qui veut que le jour de Taâchaourth, toutes les marmites cuisent le même repas à travers la communauté. C’est aussi l’occasion pour d’autre villages (Aït Zellal) d’organiser la circoncision collective au bénéfice des enfants dont les parents ne peuvent assurer la dépense. Ceci sans oublier les festivités de rigueur, les cérémonie religieuses et, surtout, le fameux « Tbel » (le tambour) qui assemble les jeunes et les moins jeunes (des deux sexes) autour d’une aire de danse où nul couple ne se forme et où les sexes se mélangent sans s’assembler, car ces occasions-là, qui ne se présentent qu’une fois par année, servent d’assise pour les futurs projets matrimoniaux. Pour la région d’Aït Khellil, cela peut durer jusqu’à une semaine. Devant la porte de chaque mausolée siègent les notables de chaque village, mandatés pour recevoir les offrandes et donner la bénédiction à chaque bienfaiteur et bienfaitrice. L’ambiance au beau fixe est souvent perturbée par la météorologie car, dit-on, la pluie fait son apparition avant la tombée du jour !.

Sofiane M.