«La commune d’Illilten vit actuellement une crise sans précédant, un climat de tension, à cause d’un problème récurrent qui remonte à plus de quarante années d’absence de l’État sur le terrain. Les conflits engendrés par cette absence, quand les populations locales n’arrivent pas à les régler à l’amiable, sont gérés par l’administration comme à l’ère coloniale. Donc, ce problème de répartition d’eau entre les quatre villages, qui a eu à éclater au grand jour des dizaines de fois depuis 1973, n’a toujours connu que des solutions provisoires qui n’arrangent personne. Ce qui n’a fait que l’agrandir pour devenir, aujourd’hui, une bombe qui pourra éclater à n’importe quel moment et qui pourra engendrer des dégâts dépassant de loin ceux connus dans l’affaire de Ghardaïa. Depuis août 2015, après l’apparition du différent engendré par la pénurie d’eau, nous n’avons pas cessé d’essayer de trouver une solution équitable qui arrange tout le monde, tout en sermonnant l’administration à appliquer les lois de la République, notamment la loi n°05-12 du 04 août 2005, relative à l’eau. Une loi qui a défini le secteur qui gère l’eau, qui a institué une police des eaux, un plan directeur d’aménagement des ressources en eau…etc. Au mépris de cette loi, l’administration a choisi les mauvais arrangements comme à son habitude», soulignera M. Ouramdane Azoug, maire de la commune d’Illilten. «Face à la sourde oreille de l’administration, nous avons installé une commission, composée de tous les autres comités de villages qui ne font pas partie du conflit, et engagé un bureau d’étude spécialisé pour proposer une nouvelle répartition équitable entre les quatre villages. Nous avons aussi intervenu à chaque fois, sans moyens, pour procéder aux réparations des dégâts occasionnés aux sources et aux conduites, nous avons même refait une nouvelle répartition plus équitable sur notre propre initiative, tout cela en l’absence du secteur concerné et sous une pression énorme des populations qui n’ont plus confiance en l’État, à cause de ce qu’elles ont vécu dans le passé. Des gens malintentionnés, dont certains sont des élus du peuple, ont aussi essayé de manipuler des personnes pour des fins inavouées», poursuivra notre interlocuteur dans sa lancée. Et de s’interroger : «Est-ce que des forces occultent n’alimentent pas ce problème pour provoquer un embrasement généralisé ? La commune d’Illilten n’a jamais été un instrument et ne doit pas en devenir un, aux mains de ces forces qui auraient des intérêts à ce que le conflit dégénère. Maintenant que la situation s’est aggravée, il est plus que jamais temps que l’État mette les moyens nécessaires pour appliquer la loi et le faire savoir à toute la population. Faute de quoi, l’administration assumera les conséquences». Enfin pour terminer, M. Azoug dira que «l’APC est toujours disponible pour apporter des solutions définitives dans l’intérêt de toute la population de la commune».
O. A.

