Wouhouch.com : le changement et la raison

Avec Wouhouch. com dont la générale s’est jouée dans la soirée de jeudi, et après Fadhma N Soumeur, Omar Fettmouch pose une nouvelle pierre dans le chantier de reconstruction du théâtre de Bgayet dans lequel il s’est engagé avec fougue depuis son installation, voilà près d’une année. Abandonnant son clavier, Meriem débarque chez le docteur Ahcène l’éclair où elle pense trouver celui qui s’est promis à elle par le Net. C’est bien la bonne adresse, mais non seulement ce n’est pas la bonne personne mais le toubib s’avère être un commerçant d’un nouveau genre : vendeur de pièces détachées en tout genre récupérées sur des cadavres humains. Un wahch ? «Non, se défend son dé-fossoyeur de complice, les monstres donnent la mort, nous, nous redonnons la vie». Le décor d’une intrigue qui chemine sur les limites de la raison et de la déraison est ainsi planté. Et la pièce met en scène une somme de situations cocasses où les potentiels défis de la vie moderne viennent donner assaut aux certitudes «anciennes» qui refusent d’abdiquer face aux changements. Les femmes particulièrement, et leur quête éperdue de la protection mâle, s’avèrent être les plus à pâtir de cette situation où le monde ancien continue à suivre au présent. Ainsi, c’est sur encouragement de cette gardienne des traditions qu’est la mère, que Meriem s’engage dans la voie d’une rencontre matrimoniale virtuelle. Voguant entre l’inévitable Kafka et les anticipations futuristes d’un Orwell et sans vraiment prendre un parti assuré, Wouhouch. com interroge des défis qui ne sont peut-être pas encore advenus mais qu’on sent possibles et inquiétants.

M. B.