«Il n’y a pas eu d’explosion»

Partager

Des experts en hydrogéologie et génie civile ont insisté, avant-hier jeudi à Tizi-Ouzou, sur l’importance de maîtriser la réalisation des Centres d’enfouissement technique (CET) ainsi que leur exploitation, pour éviter d’éventuels incidents.

Intervenant lors d’une journée technique sur les produits géo-synthétiques dans les domaines de l’eau, de l’environnement, de l’aménagement et de la construction, organisée par le laboratoire des eaux de l’Université de Tizi-Ouzou, les chercheurs présents ont souligné que «les quelques incidents enregistrés au niveau de certains CET au niveau national sont liés, notamment, aux problèmes d’exploitation de ces centres».

Selon l’hydrogéologue et géotechnicien, Malek Abdeslam, la mise en place d’un système de drainage performant des eaux pluviales autour du site d’implantation d’un CET et dans les casiers destinés à recevoir les ordures, pour l’évacuation des lixiviats (liquides issus de la décomposition des déchets), de cheminées d’évacuation des gaz (également produits par la décomposition), «permettront de sécuriser ce type d’infrastructure d’éventuelles instabilités».

Il a observé, à cet effet, que de la marne (terre argileuse imperméable) a été utilisée à la place d’un matériau perméable pour recouvrir une des couches de déchets au niveau du CET de Oued Fali, où un incident s’est produit, la semaine dernière, suite à un glissement de terrain qui a entraîné la digue séparant les deux casiers, l’un plein en phase de recouvrement et l’autre vide et prêt à l’exploitation.

De son côté, le directeur de la société Afitex Algérie, spécialisée dans la production de géosynthétiques, Tabti Saïd, a déclaré que les casiers des CET «doivent être recouverts d’une géo membrane (imperméable) pour protéger le sol, puis d’un géo composite qui assurera le drainage des fluides ou d’un géotextile traité contre les rayons ultra violets pour la rendre plus résistante et enfin d’une couche de matériaux perméables pour un bon drainage».

M. Abdeslam a insisté sur l’importance de garantir un accompagnement et un suivi dans la gestion des CET. «L’expérience dans la gestion des CET est en cours d’acquisition. Elle permettra d’aller vers une meilleure maîtrise de la réalisation et du fonctionnement de ces infrastructures», a-t-il rassuré. Ce même chercheur a rejeté l’hypothèse d’un intervenant durant les débats, selon laquelle il y aurait eu une explosion de biogaz (produits par la décomposition des déchets), au niveau du CET de Oued Fali.

Un déplacement sur site, effectué par les participants à cette rencontre, a permis de confirmer «qu’il n’y a pas eu d’explosion», selon les universitaires qui ont expliqué en analysant le mouvement du sol que l’incident qui s’est produit au niveau de ce Centre est lié «uniquement à un glissement de terrain induit par les fortes chutes de pluies». L’activité a repris au niveau du Centre le lendemain de l’incident, où la rupture de la digue qui a séparé les deux casiers a causé le déversement de déchets dans le second, a-t-on constaté.

Partager