La fondation Amirouche Ait Hammouda a organisé, avant-hier, un colloque sur l’opération historique «Oiseau bleu», au village Ait Salah, à Bouzeguène.
«L’objectif est de lever le voile sur les zones d’ombre qui entourent cette opération aujourd’hui», dira Nordine Ait Hammouda, président de ladite fondation. «La fondation offre le cadre et les moyens nécessaires pour les historiens qui, de leur coté, entreprendront le travail de recherche. Nous allons porter un regard sincère sur l’histoire de l’Algérie. La révolution était glorieuse, mais il y a toujours des zones d’ombre qu’il faudrait éclairer, notamment au sujet de cette opération», a indiqué le Dr Ameur, porte-parole de la fondation. Au cours de cette manifestation, plusieurs témoignages ont été apportés sur l’opération «l’Oiseau bleu» par des anciens officiers de l’Armée de Libération Nationale qui ont vécu l’époque, à l’instar de Messous Saâd, et des commandants Azzedine, et Ferat Hadj Ferhat. Un débat a été ouvert à cet effet, après avoir écouté l’intervention du sociologue Said Sekini, qui avait présenté une communication sur le sujet. Le conférencier, pour sa part, a donné un aperçu historique sur cette opération qui est pour rappel, «une tentative d’infiltration initiée à l’origine par l’armée française en 1955, qui finira par se retourner contre elle». En outre, il a accentué son intervention autour du personnage de Tahar Assis, qui dira-t-il, est «l’architecte de cette opération». «J’ai beaucoup lu dans ma vie, dont l’affaire «l’Oiseau bleu» sur laquelle j’ai beaucoup travaillé à partir de 1956. Cette opération a été orchestrée par des hommes dont Tahar Assis, qui récoltait de l’argent et des armes au profit du FLN. Certains de ses camarades ont été considérés comme des héros. En revanche, Tahar Assis a été considéré comme un traître. Ce qui est injuste, compte tenu de plusieurs arguments historiques» a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «C’est sur cette zone d’ombre qu’on a traité aujourd’hui dans le but de réhabiliter ce personnage qui est, en fait, un héro. Et les témoignages d’Ali Yahia Abdenour qu’on a visionnés sur une vidéo, le numéro trois du journal El Moudjahed paru en 1956, ainsi que les témoignages de M. Ousmer en sont la preuve». «Cet homme n’a jamais trahi l’Algérie», a affirmé le conférencier. De son coté, le représentant du village Ait Salah, et petit fils d’Assis Tahar, a expliqué que ce personnage historique est un fils de cette région, et qu’il souhaiterait que «la lumière soit faite sur l’histoire de son grand père et son rôle dans cette opération».
Kamela Haddoum

