En prenant le chemin de wilaya n° 15 d’Aokas vers la commune voisine de Tizi N’berber, nous savons déjà par rapport à la détérioration de cette voie, que les habitants que nous rencontrerons ne sont pas gâtés par les pouvoirs publics malgré qu’ils le sont par la nature. En arrivant au chef-lieu, nous sommes accueillis par un grand paneau avec lequel la ville de Tizi N’berber nous souhaite la bienvenue. Même si c’est une commune créée depuis plus de deux décennies, il faut plutôt dire que ça ressemble à un gros village, tout au plus. La tribu d’Ait Ouareth Ouali y cohabite avec celle d’Aith Bouissi, qui s’est retranchée plus haut dans la montagne. En continuant notre périple vers les hauteurs, après le carrefour dit des trois chemins, nous nous engageons dans le chemin communal menant vers les 7 villages d’Aith Bouissi dont la distance entre le chef-lieu communal et de dernier village, Ighil Ouis, est le près d’une vingtaine de kilomètres. Ce chemin vient d’être goudronné sur 3 à 4 kilomètres puis c’est le calvaire routier pour les véhicules neufs. Après avoir traversé les villages d’Iouricene et Ighil merzouk, nous avions déjà fait une dizaine de kilomètres depuis le siège de l’APC de Tizi N’berber. Nous nous retrouvâmes devant un conteneur peint en bleu appelé ironiquement « Saphir bleu » servant de café aux habitants de ce hameau presque abandonné qui est Tiboualemine dont la bifurcation vers la droite nous mène, sur une distance d’un kilomètre, droit au chef-lieu de village. Là, nous remarquons la présence de l’Etat en y retrouvant implantées une salle de soins et une école primaire. Ce village, qui est l’un des plus peuplés de la tribu d’Aith Bouissi, est habité par quelque 1500 âmes, malgré l’exode qui a fait fuir la majorité de ses habitants. Un vieux hadj rencontré devant l’ancien cimetière, nous déclara avec un air de dépit que la population juvénile a déserté la terre de ses ancêtres pour habiter la ville, car les pouvoirs publics ne se sont jamais inquiétés de leurs préoccupation et n’ont rien fait pour réunir les conditions permettant à tout un chacun d’y rester. Un autre habitant nous dit fièrement que c’est à Tiboualemine que fut enterré le premier martyr de la Révolution tombé au champ d’honneur dans la région, aux environs de 1956, et qui s’appelait Si Salah venu de la région de Jijel. Ceci nous fut confirmé par l’ancien P/APC, néanmoins membre actuel de l’APC, qui avait fait à l’époque de son règne une proposition d’érection d’une stèle en sa mémoire. Les Campagnards paient un prix fort leur isolement dans les montagnes qui leur ont tout le temps servi de lieu de retranchement dans les différentes batailles qu’ils ont eu à livrer aux multiples envahisseurs. A l’Etat algérien d’améliorer les conditions de vie de ses citoyens ruraux pour éviter l’envahissement des villes et l’abandon de l’agriculture qui est vitale pour tous.
A. Gana
