Dans une déclaration rendue publique avant-hier, des élus du parti FFS de l’APC d’Ath-Mansour, une commune sise à une quarantaine de kilomètres au Sud-est de la wilaya de Bouira, ont formulé de graves accusations contre la gestion de l’actuel maire d’Ath-Mansour, d’obédience FLN.
En effet, et selon cette même requête, dont une copie nous a été remise, les élus FFS reprochent au maire FLN «une gestion anarchique et l’absence de transparence». Les élus du vieux parti de l’opposition accusent ouvertement le maire d’être le premier responsable «de la situation précaire dans laquelle se trouve la commune». Pour la raison ayant motivé leur démarche, ils indiquent que «c’est dans l’objectif d’éclairer l’opinion publique sur la situation de précarité dans laquelle baigne notre commune et pour dénoncer l’absence totale de transparence et la gestion chaotique des affaires de notre municipalité», lit-on dans cette requête, également adressée au wali de Bouira et au ministre de l’Intérieur. Ces mêmes élus, qui reprochent au maire ‘’la marginalisation’’ des élus de l’opposition au sein de l’assemblée et la société civile locale, l’accusent ouvertement, aussi, de «dilapidation d’argent public» et «de signatures de marchés publics de manière illégale», lit-on encore dans cette déclaration, à travers laquelle les signataires interpellent vivement les pouvoirs publics pour la délégation d’une commission d’enquête, afin de mettre au clair ‘’ces dépassements’’. Des cas de signatures de marchés de manière ‘’douteuse’’ ont été aussi soulevés par les élus FFS, dans cette même requête qui sonne comme un véritable réquisitoire à l’encontre de l’édile communal, comme c’est le cas du projet de réhabilitation du chemin communal N12. «Cette route, qui a été réhabilitée au prix fort, n’a tenu que quelques mois face à la déferlante des camions surchargés et qui travaillaient sur la nouvelle pénétrante de Béjaïa. L’on se demande pourquoi le maire n’a pas reporté cette opération à la fin des travaux de la pénétrante ? », s’interrogent-ils. Ils mentionnent, également, le marché signé le 15 avril 2012 pour l’acquisition de différents matériaux dans le but de réhabiliter des réseaux divers et l’éclairage public avec un montant de sept millions de DA. Ils affirment que «l’assemblée communale n’aurait pas été consultée comme le stipule loi», et avancent que l’entreprise retenue «n’est pas qualifiée pour ce genre d’équipement». La preuve, enchaînent-ils, «le trésorier intercommunal a rejeté la facture et a même refusé de régler cette somme à l’entreprise, qui s’est adressée à la justice». Plus loin encore, les signataires de la requête accusent le maire de «gestion anarchique des bons d’achat d’essence de la commune» et l’accusent avec ses adjoints «de consommation excessive». Selon-eux, le maire aurait «consommé, à lui seul, l’équivalant de 200 000,00 DA de bons d’essence en l’espace d’une seule année». Les élus du FFS réclament, par ailleurs, la vérité sur la ‘’disparition de plusieurs climatiseurs, d’un poste électrique et d’imprimantes du siège de la mairie’’. Plus grave encore, ils affirment que plusieurs ‘’irrégularités’’ sont signalées dans le registre d’inventaire communal. Les élus de l’opposition accusent, dans le même sillage, le maire de ‘’favoritisme’’ au profit de certains élus et cadres de l’APC. Ils ‘’dénoncent’’, ainsi, la nomination d’un délégué communal au niveau du village Rodha, et ce, malgré l’inexistence d’une antenne communale au niveau de celui-ci, l’usage à ‘des affaires personnelles’’ du véhicule de la commune de la part d’un adjoint du maire ainsi que l’absence ‘’continue et injustifiée’’ d’un autre adjoint. Selon ces trois élus, ceux-ci «ont été tous rémunéré normalement sur le budget de la commune». Beaucoup d’autres graves accusations ont été aussi formulées par les élus FFS dans cette requête de plus de quatre pages. «En 2016, la mairie a organisé une vente aux enchères sans l’aval de l’APC et sans la nomination d’un commissaire aux comptes. Le maire a poursuivi sa politique de régionalisme et de favoritisme au profit de son clan et de sa propre famille, notamment en inscrivant des projets pour le bitumage de routes familiales et en détournant la somme de 496 665, 00 DA, réservée à la réalisation d’une antenne de l’état civil à Rodha, pour la réhabilitation et l’équipement de son propre bureau», ont-ils ajouté.
Oussama Khitouche

