Pour atténuer un tant soit peu la psychose que l’imminence de l’apparition de la grippe aviaire a créée, les autorités et l’ensemble de la société civile semblent s’impliquer de plus en plus dans la prévention. C’est dans ce sens qu’une large campagne de sensibilisation est menée sur le territoire de la commune de Béni Maouche, pour toucher le maximum de personnes possible. Cette campagne, placée sous le haut patronage du président de l’APC, en sa qualité de membre très influent du comité de daïra chargé du suivi et de la prévention de cette épidémie, a débuté par des sorties sur le terrain, effectuées par l’équipe du service d’hygiène communale, pour sensibiliser les aviculteurs des risques encourus et des précautions à prendre en cas d’apparition de la pandémie. Pour parer à toute éventualité et devant la difficulté de contrôler leurs volailles censées rester cloîtrées, les propriétaires des poulaillers familiaux ou à caractère financier, préfèrent mettre fin à leur activité. Un membre de la commission nous a fait savoir qu’ »une dizaine de volières à ciel ouvert a disparu du paysage, après le passage de notre équipe ». Toujours dans le cadre de cette campagne, les nombreux vendeurs de poulets qui écumaient le marché hebdomadaire et les abords du tronçon de la RN 74, traversant le chef-lieu de la commune, se sont vus interdire la vente sous quelque forme que ce soit et les bouchers qui écoulaient librement la viande blanche sont astreintes à un contrôle strict de leur marchandise, qu’ils ne peuvent plus vendre sans étiquetage et certificat d’abattage en bonne et due forme. C’est toujours dans ce sens que le bureau d’hygiène communale a organisé, à la fin de la semaine passée, une demi-journée d’information sur cette maladie sous forme d’une conférence-débat animée par le vétérinaire intercommunal et un technicien de la santé. Devant un public intéressé, les deux conférenciers ont tenu à rappeler les dispositions nécessaires à prendre en cas de découverte du cadavre d’un quelconque volatile ou en cas de mort suspecte d’un oiseau. Les présents sont sommés d’alerter immédiatement les autorités, le permanencier du centre de soins ou la brigade de gendarmerie. Cependant, ce qui a surtout rassuré les citoyens, ce sont les autorités locales qui ont mis l’accent sur la disponibilité des moyens humains et matériels inhérents à la lutte contre la propagation du virus H5N1 en cas de son apparition. Le secrétaire général de la commune, qui nous a reçus dans son bureau, estime qu’ »avec une vingtaine de pulvérisateurs, les produits désinfectants et les combinaisons spéciales, les services communaux peuvent se targuer d’être assez équipés pour parer à toute éventualité ». Enfin, pour toucher le maximum de personnes possible, les membres de ce comité de suivi, installé le 27 février, ont associé les éducateurs et les imams à fin de faire passer le message en participant à la campagne de sensibilisation. C’est dans ce sens que beaucoup d’écoles primaires situées au centre-ville ou dans les fins fonds de la commune, ont réservé la journée de ce jeudi pour des cours sur la grippe aviaire, destinés aux élèves de 4e, 5e et 6e année. Tout compte fait, toute la population est impliquée dans la prévention de cette maladie et grâce à la sensibilisation, tout un chacun est sur le qui-vive.
B. B.
