Au moment où l’on écrit de moins en moins de lettres dites classiques, remplacées peu à peu par les courriers électroniques, l’école dénommée Jean-Amrouche d’Ighil Ali réinvente l’échange de missives. En effet, cette louable initiative a été prise par un jeune enseignant de cette école, lui-même parent d’élève, M. Bassaid Khiari qui a établi, il y a plusieurs mois, des contacts avec Mme Johanne Hebert, institutrice à l’école Sainte-Bernadette de la cité Joliette au Québec. C’est ainsi qu’a émergé l’idée d’échanger une correspondance entre leurs élèves respectifs. Les lettres de ces chérubins sont mises dans une seule enveloppe adressée au maître ou à la maîtresse qui se chargent de les distribuer à leurs destinataires. Dans leurs premières missives manuscrites, les écoliers ont fait les présentations. Chaque lettre était accompagnée de la photo de l’élève qui l’avait rédigée, Mme Bernadette a également pris soin de joindre à ce premier envoi une photo de l’ensemble de sa classe avec elle. La correspondance porte sur l’échange de dessins, de poèmes, d’idées, etc. Outre la distraction, la maîtrise de la langue française, les objectifs d’une telle correspondance sont multiples. C’est une action qui peut contribuer à rapprocher des enfants de deux pays, se découvrir les uns les autres, créer entre eux des liens d’amitié, etc, Soulignons que cette initiative a été vivement encouragée par l’inspection de l’éducation, selon M. Khiari. Par ailleurs, les deux instituteurs échangent également leurs idées sur la pédagogie et sur leurs expériences d’éducateurs. L’Internet demeure encore inaccessible à tous les élèves en raison de sa cherté et de son indisponibilité dans toutes les écoles. De surcroît, selon l’avis de beaucoup d’enseignants, la correspondance électronique, bien qu’elle soit plus pratique, ne peut guère remplacer la correspondance dite classique. A titre d’exemple, une carte postale, on peut la toucher, la prendre avec soi, la montrer à ses amis, etc… c’est palpable, c’est réel, contrairement à la carte virtuelle. A cela s’ajoute le mode d’expression dont font usage de nombreux internautes, qui n’est pas pour assurer aux enfants un apprentissage « sain » de la langue. Il faut dire que cette activité fait le bonheur des élèves et sa généralisation est vraiment à recommander.
K. Kherbouche
