A quand l’éradication du bidonville ?

Il est là depuis tellement longtemps, cet amas hideux de baraques faites de tôles, de roseaux et d’autres matériaux disparates, posées au bord de l’oued à côté de l’hôpital psychiatrique. On a peine à imaginer que des êtres humains puissent accomplir les actions élémentaires de la vie quotidienne dans cet endroit fruste où toute commodité et toute hygiène font défaut. Il y avait 87 familles en 1995 dans cette misère à ciel ouvert et les autorités n’ont pas pu, apparemment à l’époque, trouver des solution de recasement. Celles-ci butant sur la difficulté de trouver un terrain d’assiette. Les 25 millions proposés à ceux qui voudraient bien construire n’ont pas emporté l’enthousiasme des habitants de la favela, qui appréhendaient à l’avance les multiples contraintes à venir. Actuellement, le problème a plus d’ampleur. Le nombre de familles installées a augmenté substantiellement, avoisinant cent cinquante, intégrant le croît naturel de l’ancienne population auquel s’est ajouté une trentaine de familles venues d’ailleurs. Le mot d’ordre wilayal étant à l’éradication de tout habitat précaire, la réflexion est engagée, notamment par les services en charge de l’urbanisme et l’APC, pour trouver une solution définitive qui empêcherait ce bidonville de se régénérer. Devant la contrainte foncière, l’idée de maisons individuelles est écartée au profit d’un habitat collectif en hauteur. Il reste que chaque jour de plus dans ce repoussoir est une épreuve pour ces familles qui ne demandent qu’à recouvrer leur dignité.

M. Amarouche