Les véhicules d’occasion toujours chers

Le marché hebdomadaire de véhicules, qui se tient chaque vendredi, compte parmi les plus grands du pays. L’inondation du marché automobile national en véhicules neufs, tous types et toutes marques confondus, ne semble pas influencer le moins du monde le cours d’un marché de l’occasion florissant qui n’a pas fini de prospérer. A la fois espace consacré au trabendo tous azimuts, à quelques étals de fruits et légumes et à de juteuses affaires en friperie, le marché de véhicules d’Akbou reste une destination privilégiée d’un grand nombre de commerçants, provenant de la wilaya de Béjaïa, de Tizi Ouzou, ainsi que de wilayas limitrophes : Bouira, Boumerdès, Alger et autres situées à l’est du pays à l’image de Bordj Bou Arreridj, M’sila, Sétif etc…D’importantes transactions, tous domaines confondus, s’y effectuent chaque semaine, justifient la convoitise de ceux qui viennent nombreux, en quête d’affaire, et expliquent les rentes juteuses des propriétaires des parkings, jouant à chaque fois à guichet fermé. Il faut imaginer aussi les gains des locataires quand on les voit réclamer 600 DA de frais pour chaque véhicule léger qu’on vient y exposer à la vente. Le cours de l’occasion, que l’on dit dépendre des revendeurs, semble pourtant obéir à d’autres paramètres, lesquels ? l’arrêt de l’importation des véhicules de moins de 3 ans semble avoir provoqué une tension, une demande effrénée sur les véhicules récents des marques les plus prisées que sont Peugeot, Renault, Citroen et Wolkswagen. Pour booster les ventes, on n’hésite pas à avancer les arguments du genre : « Les anciens véhicules n’ont pas été fabriqués en Turquie ou en Roumanie comme c’est le cas aujoud’hui ». Autre raison qui se fait évoquer : l’incapacité des salariés à accéder à un véhicule qui éxige un apport personnel difficile à satisfaire et se repercute par une ponction salariale importante, quatre années durant. Conséquence : l’occasion du lion, par exemple, sort ses griffes. Illustration : la 205 des années 1990 se négocie entre 30 et 40 millions en essence ou en diesel, lorsqu’elle est en bon état. La 405, qui semble garder un succès éternel, atteint sans trop de mal la cote des 40 et par moments des 50 millions. Enfin, hormis la 206 et la 306 qui restent chères (entre 50 et 60 millions de centimes), la 106, fortement prisée, se marchande selon son année de production, sa version et son état entre 45 et 60 millions. Pour les occasions du losange (Renault), la clio ancienne et la nouvelle, une gamme de véhicules les plus demandés actuellement, sont respectivement présentées avec des prix compris entre 40 et 65 millions. La mégane, quant à elle, très prisée également, caracole semble-t-il en tête des véhicules français les plus vendus, avec des prix allant de 60 à 85 millions en moyenne selon l’année, l’état et les équipements dont elle est dotée. Enfin, les fourgonettes kangoo, Partner et Berlingo sont, avec les mono-espace, les véhicules les plus chers. Il ne faut pas oublier les fourgons et les camions dont les prix restent inaccessibles. Notons, enfin, que nombre de véhicules sont accidentés, contrefaits ou carrément trafiqués.

Z. F.