Condamné le 02 juillet 2005 par un jugement rendu par contumace à 20 ans de réclusion criminelle, le présumé auteur du vol qualifié perpétré, la nuit du 21 août 2002 dans le village de Redjaouna, a été acquitté hier par le tribunal criminel près la cour de Tizi ouzou. Les faits,selon l’arrêt de renvoi, remontent à la date précitée, lorsque D. R, un jeune originaire du même village, âgé de 31 ans, a escaladé les murs d’un domicile privé pour voler plusieurs objets de valeurs : une chaîne stéréo, un téléviseur, des vêtements et une chaîne en or. La gravité de l’acte selon le document de la chambre d’accusation réside dans le fait que l’acte a été commis la nuit avec effraction de la demeure d’un tiers, ce qui implique le maintien de la charge de vol qualifié avec effraction. Après que le propriétaire ait confirmé la disparition d’objets alors qu’il était absent, la police a mis la main sur D. R désigné par un témoin comme étant l’auteur du forfait. En se basant sur les déclarations du témoin, la police a mis sous mandat dépôt l’accusé. Lors de l’audience d’hier l’accusé a nié tous les faits qui lui sont reprochés, et accusa le seul témoin de l’affaire d’avoir fomenté le coup. Interrogé par le président de l’audience sur les motivations d’une telle démarche, le prévenu a répliqué qu’il a un différend avec le témoin, qui voulait tout bonnement se venger. Le représentant du ministre public qui a requis dix ans de réclusion criminelle s’est basé à son tour sur la déposition du seul témoin dans cette affaire, ce qui reflète d’ailleurs la faiblesse des arguments avancés. «Le prévenu est passible de cette peine puisque l’acte a été opéré avec la réunion d’indices dit aggravants, telles que la nuit et l’effraction», dira-t-il. D. R a, selon l’avocat général, saisi l’occasion d’un mariage organisé dans le village pour commettre son forfait. Le réquisitoire du ministre public qui ne s’appuyait que sur le témoignage d’une personne a été facilement remis en cause par la défense, qui a plaidé la relaxe pour son client. Dans son intervention Me Amar Zaidi a relevé des contradictions dans les déclarations du témoin. «Devant la police, il a déclaré qu’il a vu mon client fuir avec une valise blanche, bien remplie, avant de se récuser auprès du juge d’instruction à qui il a déclaré que la valise était bleue», affirme-t-il. L’objectif du témoin, absent au tribunal, indique encore la défense, est d’offenser «un innocent» pour une ancienne histoire, non sans qualifier le témoignage «de propos tendancieux. »Pour Me Zaidi qui a demandé la relaxe pour son client, la version rapportée par le témoin frôle la fiction : «Comment une petite valise, peut-elle contenir tous les objets cités par le propriétaire», s’est-il interrogé. Au terme d’une délibération qui n’a duré qu’une vingtaine de minutes, le jury a répondu par la négative sur le chef d’inculpation.
M. Ait Frawsen
