La ville-marché

Les véhicules poids lourds ne roulent pas seulement sur du bitume à Aïn Bessem. lls roulent aussi, tenez-vous bien, sur du carrelage. La placette publique, dont la réfection avait coûté une enveloppe faramineuse où il faisait bon prendre une glace ou siroter un café, est envahie par les étals « bêtes et méchants » des marchands de fruits et légumes. Plastique, feuille de zinc, bois moisi et autres chiffons couvrent anarchiquement une superficie qui avoisine les 5 000 m2. Ce « bidonville » lucratif déborde sur la rue principale du centre-ville rendant ainsi la circulation des véhicules et des êtres quasi impossible. L’autorité ? Ceux qui la représentent connaissent la situation et font même leur marché dans la placette-souk sans apparemment sourciller. D’anciens Bessamis, vivant pour la plupart à Alger, se sont rencontrés la semaine dernière pour réfléchir sur la manière de venir en aide à la ville de leur enfance. Il était question, entre autres, de doter la palette en question d’une fontaine. Une bonne chose, mais l’apport de ces anciens qui semblent avoir un sens aiguisé du civisme seraient mieux inspirés s’ils s’organisent en association, lâcher le superficiel et s’attaquer à l’essentiel : une action pédagogique et de proximité.

B. B.