Ses œuvres manifestent la joie, des éclats de rires, un refrain, un air de musique, une scène touchante. Un sentiment suffisant pour provoquer le » déclic » et réaliser un tableau aux couleurs arc-en-ciel de la Kabylie.Du haut de ses soixante ans, Macha Louisa reste encore cette artiste-peintre stupéfiante d’inventivités. Elle ne peint que lorsque une belle « image » lui vient à l’esprit. Elle ne s’inspire d’aucune école, nous dit-elle. Elle crée tout juste, même quand il s’agit d’une nouvelle production de motifs et symboles berbères. L’une de ses plus grandes passions. Il se trouve que cette dame est la seule artiste qui peint à la main comme pour donner à sa façon une âme à ses créations. Louisa Macha était déjà toute jeune, loin de l’Algérie, de la Kabylie, de Ain El Hammam, la ville qu’elle vénère le plus au monde, quand elle fait de cette région, un royaume de fillette dans un rêve qui devient réalité. Macha est née et a vécu à Paris mais son cœur était tout ailleurs. Son seul refuge était le souvenir des vacances d’été de tamurt, (pays d’origine), le soleil et le ciel bleu, la peinture et les couleurs de la Kabylie. Son amour pour cette ville se traduit souvent dans ses oeuvres. Elle l’évoque comme une orpheline qui a retrouvé sa mère après longue attente. Louisa Macha est autodidacte en peinture. Elle se découvre et se fait remarquer par son art, très tôt exprimé à l’école primaire. Elle peint et dessine sur tout support qu’elle trouve. Sur tous sur ses cahiers, signes, des symboles berbères, motifs de tapis ainsi que des poteries. La particularité de son art, peu connu en France, lui permet de participer à de nombreuses expositions un peu partout dans le monde. « J’intitule toute ma peinture passée et à venir hommage à mes parents », dira t-elle.Louisa Macha peint tout ce qui est lié à la Kabylie comme pour protéger ses racines. Elle ne veut pas être sans mémoire, elle peint dans un but conservateur puisque sa peinture se veut comme une page d’histoire.Ses œuvres manifestent la joie, des éclats de rires, un refrain, un air de musique, une scène touchante. Un sentiment suffisant pour provoquer le » déclic » pour réaliser un tableau, toujours aux couleurs arc- en-ciel de la Kabylie. Lumineuse et transparente, comme elle décrit si bien. « À chaque fois que je peints j’ai une sensibilité, une émotivité à fleur de peau, à fleur de cœur « .Louisa Macha est tellement idéaliste qu’elle cherche toujours la critique et la perfection chez les autres mais jamais la comparaison. Elle nous confie cette anecdote : » Je me réunissais, un jour avec des amis; M’hamed Issiakhem, Kateb Yacine, Mohammedi et Ali Zamoum. Et j’ai dit à Issiakhem que j’avais tant voulu faire l’école des Beaux –Arts, il me répond par cette phrase, qui reste gravée dans ma mémoire » N’y vas jamais, ils vont te dépersonnaliser « , et même quand je lui disais : M’hamed, dans ta peinture on retrouve de la classe, l’intelligence, la sobriété des couleurs et moi c’est la Kabylie qui descend à Alger. Il me répond toujours avec tristesse: “Louisa avec toutes les couleurs que j’ai, j’ai besoins de tes tableaux, de ta peinture. Tes couleurs me rappellent les couleurs de fleurs sur les robes de ma mère ».
Fazila Boulehbel
