Rien ne va plus à la Sonatrach. Les travailleurs de la plus grande société que compte notre pays connaissent maintenant un mouvement et pour cause, ils contestent les augmentations des salaires que l’administration leur a accordées dans le cadre des conventions de branche. L’information vient d’être confirmée hier, par Mohamed Lakhdar Badreddine, secrétaire national de l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta) chargé de l’économie et des études, lors de son passage sur les ondes de la chaîne III. D’après le syndicaliste, les gestionnaires de la société pétrolière nationale devraient faire plus d’efforts « en dégageant une augmentation conséquente des salaires s’ils veulent réellement préserver leurs cadres et garantir la continuité du fonctionnement de la compagnie ». Dans le même ordre d’idées, le représentant de l’UGTA a indiqué que la fédération des hydrocarbures qui a mené les négociations a trouvé toutes les peines du monde pour « arracher » finalement l’accord de principe de la direction de Sonatrach concernant la question des salaires. En effet, la tutelle leur a proposé une fourchette de 8 à 12 %. Se considérant « lésés », les travailleurs de cette société nationale qualifient de « provocation » ladite décision. Par ailleurs, M Badreddine a estimé qu’ »il est tout à fait normal qu’avec la grille des salaires appliquée actuellement que les cadres optent pour les entreprises étrangères établies aussi bien dans notre pays qu’au Moyen-Orient car elles proposent des salaires deux fois plus élevés que ceux de la compagnie nationale ». En quête d’un salaire meilleur et de conditions de travail plus appropriées, pas moins de 2 004 cadres et ingénieurs ont, ces deux dernières années, renoncé à leur poste de travail au sein de la Sonatrach, pour travailler pour le compte des multinationaux.
Afin de résoudre ce problème qui menace à coup sûr la Sonatrach, le président de la dite fédération a invité la direction de celle-ci à revoir sa copie. A défaut, un vent de révolte risque de compromettre la sérénité de l’entreprise. « Au niveau de la fédération du pétrole, nous avons refait les conventions de branche, notamment l’accord salarial au niveau de Sonatrach et après de longues négociations, nous sommes arrivés à une augmentation oscillant entre 8 et 12% sans condition, mais avec l’ouverture de la possibilité de continuer à négocier prochainement pour atteindre d’autres augmentations », a-t-il soutenu. « Il y a 50 000 personnes qui travaillent au sud, dans de pénibles conditions, c’est pourquoi ils exigent qu’il y ait une augmentation conséquente », dira le syndicaliste.
Salah Benreguia
