“Mon usine va démarrer dans deux semaines”

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L’unité Alexo implantée sur le site de l’ex-Somacob d’Amizour, sujet de plusieurs controverses locales s’apprête à lancer sa production de profilés d’aluminium dès la fin de ce mois de février, selon son patron. Contacté samedi soir par téléphone, M. Abderkane qui nous a fait cette révélation, indiquera que son usine sera opérationnelle dans 15 jours et que les préparatifs pour le jour “J” vont bon train. Après un chassé-croisé de 11 mois avec l’actuelle APC suite aux réserves concernant la non-conformité au POS et l’impact sur l’environnement, le premier responsable de cette unité affirme que son usine “vient d’atteindre sa phase d’opération”, après la mise en place de la conduite de raccordement en gaz naturel dont les travaux ont atteint, selon notre interlocuteur leurs dernières retouches.

Ce dispositif considéré par la direction d’Alexo de “dernière ligne droite avant d’atteindre l’étape de mise en marche de 6 chaînes de production”. Jusque-là mises au point mort, après quatre tentatives de branchement empêchées par une vague déferlante d’opposants au projet, mais il a multiplié les démarches de raccordement en gaz, afin, dit-il, de “contrecarrer les actions menées par les antagonistes”.

Après une multitude de plaintes déposées en pénal contre le P/APC, des élus et quelques manifestants, le patron de cette désormais célèbre unité, dit avoir mis les bouchées doubles pour mener à terme en un temps record tous les amménagements nécessaires à l’ouverture imminente de l’usine. “Des techniciens étrangers sont sur place pour effectuer les réglages et la mise en place de tous les effets nécessaires pour mettre sur rail cette technologie de dernière génération”, déclare Aberkane, avant d’ajouter qu’une partie de son personnel mis en congé forcé est appelée à regagner l’unité, notamment les techniciens-opérateurs.

Sachant que le patron d’Alexo a croisé le fer plus d’une fois avec les opposants à son projet, il avance entre autres que le ministre des Participations, Temmar, vient de déclarer que ce projet est “d’intérêt national”, sans omettre d’exhorter le wali de Béjaïa à “prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter la tâche de ces responsables”.

Aussi, en réponse à une question sur les griefs retenus par l’APC, Aberkane répondra que “l’étude d’impact est validée par les hautes instances”. Concernant sa construction “illicite”, il se dit étonné du fait que les membres de l’APC se focalisent sur Alexo, alors que “la moitié des constructions OPGI et EPLF sont considérées comme illicites”. Par ailleurs, le patron d’Alexo parle d’un chiffre de 80 postes en matière d’embauche pour assurer le démarrage, un effectif qui, à la longue, sera revu à la hausse pour atteindre définitivement 157 postes d’emploi. Mais pour entamer cette nouvelle ère du dossier Alexo, le premier responsable n’a pas caché sa crainte que l’ouverture de l’usine sera aussi une autre opportunité pour ses détracteurs de déterrer la hache de guerre. En effet, il se dit prêt à se mettre à la disposition de l’APC tout en assurant en outre qu’il est prêt à retirer ses plaintes, surtout contre les jeunes.

En somme, cette fracassante révélation d’une imminente ouverture de l’usine fera-t-elle tourner la page et permettre de passer à une étape de quiétude ou, a contrario, sera-t-elle à l’origine d’un bras de fer sans fin surtout si l’on sait que les membres de l’APC, à l’unanimité, ont rendu publique leur intention de paralyser la ville, sinon de démissionner de l’APC si leurs doléances concernant ce dossier restent lettre morte.

Nadir Touati

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