« Nous exigeons la suppression du ministère des faux Moudjahidine »

La grande salle du Théâtre communal Kateb-Yacine n’a pu contenir ce jeudi toute la foule venue répondre à l’appel de la Fédération des fils et filles de chahid (FFC) de Tizi-Ouzou.

En effet, la FFC a réussi le pari, le premier après une éclipse qui a duré longtemps. Placé sous le signe de la « lutte contre la falsification de l’histoire et ceux qui veulent la travestir », ce meeting animé par le président de la FFC, a été également l’occasion pour rendre hommage à feu Rabah Benchikhoun à la mémoire duquel six minutes de silence ont été dédiées. La précarité mais surtout la misère dans laquelle pataugent les fils de chahid et le dossier des faux moudjahidine sont entre autres les grands axes de l’intervention de M. Oudiai Mustapha, le président de la FFC. Ce dernier n’a pas mâché ses mots envers le pouvoir : « Nul ne peut accepter cette image surfaite que ce pouvoir distille aux citoyens de ce pays en nous présentant comme une frange privilégiée de la société alors que la vérité est tout autre », dira l’orateur, avant d’ajouter que « la vérité est que ces mêmes cercles à travers leurs relais et satellites tentent justement de préserver leurs acquis immoraux et maffieux injustement acquis en les camouflant par l’intox à notre endroit ». Face à une assistance chauffée à blanc, M. Oudiai brossera par la suite un tableau peu reluisant de la situation dans laquelle pataugent les milliers d’ayants droit de chouhada, il dira à ce propos que « plusieurs parmi nous vivent dans la précarité totale qui dément justement l’intox et les mensonges du pouvoir et de ses cercles d’initiés à qui il est bon de rappeler certaines vérités ». Le président de la FFC s’est par la suite longuement attardé sur le dossier des « faux moudjahidine » : Nous exigeons la fermeture et la suppression définitive du ministère des faux moudjahidine, à l’image de ces faux moudjahidine au nombre sans cesse croissant (passant de 70 000 à plus de 900 000) qui ont saigné le budget national tandis que les veuves de chahid continuent à vivre dans la précarité absolue », déclarera M. Oudiai avant d’annoncer la tenue d’un sit-in des ayants droit et fils de chahid devant le Palais du gouvernement afin de faire aboutir les revendications de la Fédération qui sont consignées dans une plateforme : « Octroi du capital de décès, retraite pour tous les ayants droit à 3,5 fois le Smig, préservation des symboles de la Révolution, création d’un haut-secrétariat pour la prise en charge des ayants droit de chahid, la non-restitution des biens meubles et immeubles des Pieds-Noirs et harkis sous la protection de l’Etat, la suppression du ministère des Moudjahidine… » sont entre autres les points contenus dans la plate-forme de revendications du FFC. A la fin de son intervention, M. Oudiai dénoncera ce qu’il qualifie « d’organisations satellites des enfants de chouhada », avant de faire appel à l’union des rangs : « L’avenir de l’Algérie dépend de notre engagement, notre mobilisation et notre force unifiée à travers une seule et unique organisation », conclura le président de la FFC. Par ailleurs, lors de la conférence de presse tenue au siège de l’UGTA de Tizi-Ouzou, M. Oudiai, reviendra encore une fois sur la question des faux moudjahidine : « Nous apportons un soutien au comité créé récemment dans l’objectif de nettoyer la maison des faux moudjahidine, c’est une démarche courageuse », dira-t-il. En réponse à une question de la Dépêche de Kabylie concernant le moment choisi pour la tenue de ce meeting, le conférencier dira :  » Nous n’avons pour l’instant aucune orientation politique à donner à nos adhérents, nous n’avons nullement organisér ce meeting pour partir en précampagne ». Sur l’état organique de la Fédération des fils de chahid (FFC) M. Oudiai dira que son organisation « se porte bien ».

A. Z.