Le 1er Salon des arts plastiques de la wilaya de Béjaïa, organisé, pour rappel, par la Direction de la culture en partenariat avec la Maison de la culture du 17 au 20 mars est finalement suite à l’engouement qu’il a suscité auprès du public, prolongé jusqu’au jeudi 22 mars.
Ce salon, soulignent les organisateurs est une naissance, puisqu’il se tiendra désormais chaque année au même endroit et à la même date.
Ce vernissage où sont exposés des miniatures, des peintures à l’huile et des sculptures sur bois soit quelque 70 œuvres dont près de 10% émanent de professionnels.
Au cours de cette manifestation, se sont également tenus deux importantes conférences : la première, du docteur Amine Khodja de l’école des Beaux-Arts de Constantine, a porté sur “L’histoire de l’art” et la deuxième donnée par “Ouchene Smaïl” de l’école des Beaux-Arts d’Azazga avait pour thème : “Les arts modernes”. Les organisateurs ont été jusqu’à faire aller l’art à la rencontre du public en ce sens que tous les artistes sont sortis sur l’esplanade de la Maison de la culture et ont réalisé sous les yeux émerveillés des spectateurs une belle fresque.
De même qu’ils ont ouvert au profit des enfants de plus de 8 ans, un chantier de peinture pour initier ces derniers au maniement du pinceau.
S’agissant des plasticiens, ils montrent tous le même enthousiasme à présenter leurs œuvres et à communiquer leur amour pour l’art. Belaid Djouaden, professeur à l’école des Beaux-Arts d’Azazga, réalise des miniatures classiques avec des touches modernes.
Beaucoup de tableaux évoquent la violence en Algérie. L’artiste-peintre Cherid, qui a beaucoup aidé au montage et à la présentation du salon, fait de la recherche dans le signe et le symbole berbères pour essayer de comprendre le système de communication des sociétés humaines, avant l’intervention de l’alphabet. Les tableaux de Khellaf Bensalem représentent des paysages de la région de Béjaïa, des scènes de la vie quotidienne en Kabylie et des tranches de l’histoire de la wilaya à travers une toile sur les travaux forcés à Kherrata.
Sorti de l’école des Beaux-Arts de Constantine, Lamine Zaouch a pour sujet de prédilection la misère du troisième âge et la recherche sur les couleurs. Noureddine Saïdi travaille surtout sur les symboles, avec un mélange de henné et de terre étalé sur du papier tapissé de lettres tifinaghes, il tente de représenter à la fois le deuil sur des bandes noires, des blessures qui tardent à se refermer par des carrés rouges, la parole précieuse par des carrés dorés et les 125 martyrs du Printemps par le titre donné à l’œuvre.
Quant à l’artiste-peintre Tabchouche qui a perdu sa femme le jour même de l’ouverture du salon, ses pastels accrochés au mur, attendent patiemment le retour de son sourire.
B. Mouhoub
