Il a participé aux activités initiées à Larbâa Nath Irathen pour célébrer Yennayer – Nazim Si Lakhal, un photographe à l’écoute de la nature

«La Kabylie est l’une des régions les plus attirantes du monde», avait écrit Albert Camus dans l’un de ses articles en 1935. C’est pourquoi sa beauté originale et sauvage était la source d’inspiration de plusieurs artistes depuis la nuit des temps, tel Nazim Si Lakhal, photographe, inspiré par la grandeur du tourisme de la Kabylie d’une part, et l’accord entre ses habitants et leur terre d’une autre part. C’est dans cette merveille qui s’appelle la Kabylie qu’a vu le jour, en 1985, le jeune artiste, le photographe talentueux, Nazim Si Lakhal, au village Ath Bouaddou. Enfant, il a fait les quatre coins de la Kabylie, vu le travail de son père qu’il lui permettait de se déplacer d’une commune à l’autre. Ainsi, dans ces hautes montagnes et parmi ses habitants et leurs coutumes et traditions, naquit sa passion pour la photographie où il a passé des années à photographier ces habitants dans leurs villages et même dans leurs maisons et ruelles. Dès son jeune âge, il a été marqué par les œuvres de la photographe mexicaine Tina Modotti, et aussi par le photographe français Henri Cartier-Bresson. Son envie d’embrasser le monde de la photo n’a pas de limite. Ce qui l’a conduit à l’école d’enseignement de l’audiovisuel et de la communication EEAC El-Haithamia pour avoir un diplôme et même plus de professionnalisme dans ce domaine, pour présenter son amour, sa Kabylie, dans sa meilleure image au monde entier, puisqu’il a consacré tout son travail pour la Kabylie. En particulier, il s’est concentré sur des thèmes sociaux et archéologiques pour atteindre son but qui est la valorisation du patrimoine qui est en voie de disparition, et ce à travers la maîtrise de la lumière et la composition de l’image pour magnifier l’expression de la scène et les détails des sujets, notamment la beauté des paysages et l’architecture traditionnelle et encore la spécificité et la singularité de son peuple. Nazim, qui a choisi la Kabylie comme emblème de ses œuvres, ne rate aucune occasion qui a relation avec son héritage patrimoine. Le voilà donc, le jour du 12 janvier 2016, qu’il participe à la célébration du nouvel an berbère 2966 à Larbaa Nath Irathen avec une série de 36 photos dédiées à la Kabylie dans une expo-photos intitulée «rencontre», tenue au niveau de la bibliothèque communale. Nazim Si Lakhal a participé dans beaucoup d’expositions à plusieurs occasions et à différents thèmes, tels que «Rivières et lumières», «Honneur aux dames», «Chants des lumières Kabyles», «La Kabylie, photos et empreintes». Ses œuvres ont parcouru plusieurs régions de la wilaya de Tizi-Ouzou, à l’instar d’Azazga, Agoussim… Elles ont aussi traversé plusieurs wilayas d’Algérie, à l’image de Bouira, Alger, Béjaïa, Boumerdès… et même il a franchi les mers pour que ses œuvres atteignent l’internationalisation avec ses participations dans des exposions, deux fois en France et une fois en Italie et même au Brésil. Un avenir fleurissant à l’attente de Nazim Si Lakhal, l’amoureux de la Kabylie et ses origines, puisqu’il est sérieux dans son travail, ambitieux, sait choisir ses thèmes qui se regroupent entre l’amour de sa terre et l’humanisme (villages vivants à l’assaut des montagnes, maisons mortes, toits écroulés, avenir des enfants devant le passé des murs, vie têtue des femmes dans la tradition dans leurs robes enflammées animaux…), comme l’avait décrit l’artiste française Oriane Peignelin : «Nazim Si Lakhal ne juge pas, son objectif traque toujours la beauté avec patience. Il dépose un univers devant nous et nous entraîne dans le dédale d’un temps à choisir». Tout simplement, le message que Nazim Si Lakhal veut passer c’est un message d’amour à sa chère terre en lumière noble, en le traduisant avec son meilleur langage qui manipulait la photo.

Assia Mouloudj.