Il faut être sourd pour sentir ce que cela veut dire : vivre dans le silence, ne pas comprendre ce que les autres disent, être isolé… La surdité gêne non seulement dans les relations quotidiennes mais aussi au travail et surtout à l’école. C’est à d’ailleurs à l’école que le handicap est ressenti le plus. L’enfant revient à la maison déprimé : ‘’je ne comprends pas ce que dit le maître, je n’entends rien ! » Même une surdité partielle peut constituer une gêne considérable et entraver la scolarisation. Quant aux enfants qui naissent sourds, ce handicap risque de les empêcher d’acquérir le langage et donc de ne pouvoir ni parler ni se développer ni socialement ni intellectuellement. . Les progrès de la médecine dans le domaine de la surdité sont considérables : beaucoup de cas se soignent chirurgicalement et quand l’intervention ne donne rien, il reste les implants cochléaires. Ces implants, fruits d’une technologie avancée, remplacent les inesthétiques appareils, visibles aux oreilles. Il s’agit d’appareils électroniques miniaturisés que l’on introduit dans la cochlée c’est-à-dire dans la partie antérieur du labyrinthe osseux de l’oreille, et qui est le siège de l’audition : le nerf défectueux est ainsi stimulé, ce qui rétablit l’audition. Les implants cochléaires sont des merveilles, le seul inconvénient est leur prix : plus de 20 000 euros, c’est-à-dire 2 millions de nos dinars, un prix prohibitif pour la plupart des malades. Mais ce problème vient d’être résolu avec la décision de l’Etat de prendre totalement en charge ces appareils. Du coup l’espoir est redonné à des milliers de malades, qui vont sortir du monde du silence !
S. Aït Larba
