Plus d’un mois maintenant est passé depuis la publication de la liste préliminaire des prébénéficiaires des logements sociaux à caractère locatif, et la commission de recours de la wilaya n’a toujours pas rendu son verdict.
Il n’est pas inutile de rappeler, juste après l’affichage moult réactions des contestataires qui se sont sentis lésés par la commission de daïra, où plus de 30 recours ont été adressés à la wilaya et attendent impatiemment les résultats définitifs qui seront rendus public incessamment.
Faudrait-il signaler aussi que les contestataires, des veuves, des enfants de chahid, des chômeurs, des démunis, des sans-abris, des sinistrés… demandaient à voir le chef de daïra, président de la commission d’attribution des logements, qu’ils jugent selon leur propos, avoir privilégié certains bénéficiaires.
Autant de questions nourrissent les discutions sur la place publique, dans les cafés à Larbaâ Nath Irathen, depuis que la commission de wilaya, chargée de statuer, sur l’ensemble des recours introduits par les demandeurs mécontents, a entamé les travaux.
Ce qui, aux yeux des bénéficiaires provisoires, suscite un réel espoir de voir leur nom porté de nouveau sur les listes définitives des attributaires.
A l’affichage de la liste préliminaire des bénéficiaires, ceux qui n’ont pas eu la chance d’obtenir un logement social ont accusé les membres de la commission chargée d’étudier plus de (1000) mille demandes d’obtention d’un logement d’avoir versé dans le « favoritisme » et le clientélisme ».
« Je veux juste que tout un chacun soit rétabli dans ses droits les plus élémentaires. A la commission de recours de faire son travail convenablement », souligne une veuve avec cinq enfants habitant dans une mosquée depuis des années.
Et d’ajouter « les précédents maires m’ont promis qu’une fois les logements prêts, j’aurai mon appartement. Et voilà hélas, mon nom n’a pas figuré. Sur la liste des prébénéficiaires », conclut cette malheureuse femme à la limite d’une crise d’hystérie.
« L’idée de squatter un logement m’est venue à plusieurs reprises, bien que cela est contraire à la loi, mais nullement un délit », nous déclare cet autre père de famille sans ressources avec sept (7) enfants logeant dans une chambre de 25 m2 depuis une décennie, mais à chaque fois sa famille réussissait à le dissuader.
« Mon cas comparé à ceux dont les noms figurent sur la liste préliminaire est des plus flagrants. Sur cette liste figurent des demandeurs qui ne sont pas forcément dans le besoin comme moi », se lamente-t-il encore, non sans nourrir l’espoir de se voir rétabli dans son droit au logement.
D’autres malchanceux, peut-être, qui depuis plus de dix ans attendent la solution, disent que le relogement ne devra pas toucher tout le monde dans les mêmes termes, car parmi eux, reconnaissent-ils, il y a des gens aisés qui peuvent se permettre une maison, mais il faut que l’Etat assume ses « responsabilités ». Autant de cris sortant des entrailles de ces laissés-pour-compte.
Un membre de la commission d’attribution préliminaire nous a fait savoir que cette dernière (commission) a fait de son mieux et les 75 bénéficiaires ont été choisis parmi les 500 dossiers qui ont été sélectionnés. Par ailleurs, à signaler que eu égard au manque flagrant d’assiette de terrain criant sur lequel se heurte actuellement la commune, aucun programme de logements sociaux ne se profile à l’horizon.
Et la patience des demandeurs risque de perdurer encore longtemps, car les rares terrains quand ils sont dénichés font l’objet de cessions aux promoteurs immobiliers pour des projets de construction LSP.
S. K. S.
