La menace de l’informel

L’industrie du cuir en Algérie notamment celle des chaussures est menacée par l’informel et la contrefaçon selon les experts. C’est ce qu’a déclaré Mohand Zouggar, président-directeur général de l’EPE/SPA-MVL cuir Chéraga, lequel a animé une conférence de presse, avant-hier, au siège de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), à Alger. Cette rencontre a été l’opportunité pour débattre des différents sujets relatifs à l’économie nationale. A cet égard, le conférencier a dressé un état des lieux inquiétant. Selon lui, l’informel détiendrait presque 50% de l’activité du cuir, révélant que plusieurs entités ont baissé rideau et d’autres risquent le même sort, au cas où la situation persisterait. Il s’agit de la fermeture de plusieurs filiales, à savoir celles de Frenda, de Mascara, de Tébessa, de Kherrata,…

Par ailleurs, il a tenu à rappeler que l’industrie des cuirs, la manufacture de chaussures ainsi que des articles de maroquinerie et de vêtements en cuir est une activité de longue date et traditionnelle en Algérie. Plus explicite, il dira, « Après l’Indépendance, le développement de ce secteur a été marqué par le passage au stade industriel durant les 3 décennies 60, 70 et 80 par d’importants investissements, particulièrement publics, dans tous les métiers du cuir ». Avant d’ajouter que « les investissements privés dans la chaussure et la maroquinerie, dans un premier temps, ont également été injectés, puis dans les tanneries ». Il a, toutefois, souligné que cette industrie a connu un recul et/ou un arrêt des investissements publics qui sont dus, entre autres, à l’abandon de la planification centralisée, l’apparition et la prédominance des activités de négoce au détriment de la production. A cet effet, le P-DG de l’EPE/SPA-MVL cuir Chéraga a tiré la sonnette d’alarme sur la qualité du produit national, connu à l’échelle mondiale, menacé aujourd’hui par la crise du marché local de la manufacture et l’exportation massive et incontrôlée de la matière première. « L’industrie du cuir en Algérie est menacée par l’informel et la contrefaçon.

Il y a aussi un autre facteur qui est celui des mentalités, car malgré la qualité certaine de nos produits, beaucoup de gens préfèrent ceux importés de l’étranger même s’ils sont de qualité inférieure », a-t-il affirmé. Dans le but de préserver cette industrie et de la développer, le conférencier a lancé un appel aux pouvoirs publics afin de leur fournir une aide pour la mise à niveau des entreprises nationales. Rappelons que MVL cuir, filiale du groupe Leather Industry, est une SPA au capital de 200 000 000 DA, spécialisée dans la maroquinerie et la fabrication des vêtements en cuir. Elle a réalisé l’année précédente un chiffre d’affaires de 200 millions DA, et occupe, selon son P-DG « une place importante » sur le marché national.

Nabila Bel