La cohésion en point de mire

Depuis l’arrivée de Hocine Aït Ahmed à Alger, les protestataires semblent avoir, en vain, tenté de le sensibiliser quant à la gravité de la situation de leur formation.

Hier encore, par voie de presse, ils s’égosillaient à faire valoir leurs revendications amplifiées et d’autant plus virulentes, qu’elles voulaient prendre à témoin le Zaïm.

Cependant celui-ci, sous réserve d’un coup de théâtre qui surviendrait dès demain, semble plutôt en phase avec la direction de Karim Tabou. Ceci du moins si l’en en croit, entre autres, éléments que nous révèlent les protestataires à travers leur communiqué. A savoir leur dénonciation du fait que  » le secrétariat national organise des réunions circonstancielles avec les anciens de 63 et dont le but est de désavouer ceux qui parmi les anciens baroudeurs ont désavoué les pratiques de l’appareil en ayant rejoint la protesta… « 

Or, Aït Ahmed, semble de par cette dénonciation avoir  » subi  » ceux des  » anciens de 63  » proche de la direction dans la mesure où il a eu une réunion avec eux hier.

Par ailleurs, la veille même de la tenue du congrès, soit le mardi, les protestataires ne nourrissaient pas grand espoir quant à un salutaire geste du leader puisqu’ils émettent le défi de  » continuer notre combat pacifique pour instaurer une véritable démocratie dans le parti

au-delà des échéances internes imposées par l’appareil « .

Les contestataires de la direction actuelle n’auraient pas de quoi, en effet, nourrir quelque illusion dans ce sens tant leurs doléances sont maximalistes par rapport à la position plutôt tranchée du leader, en faveur du secrétariat national.

Pour eux en effet, les conditions statutaires pour la tenue de ce rendez-vous  » ne sont pas réunies  » et que par conséquent ils  » déclarent que les instances et les textes issus de cette mascarade préparés dans les arcanes du cabinet noir sont d’ores et déjà frappés du sceau de l’illégalité et de l’illégitimité. « 

Or, satisfaire à ces exigences serait pour Aït Ahmed désavouer toute la démarche de la direction contestée et par là même se désavouer lui-même dans la mesure où son soutien en faveur de la direction de Tabou autant que son désaveu à l’encontre des protestataires a été et demeure sans équivoque.

Reste la possibilité peu probable au demeurant que le Zaïm plaide pour une participation des contestataires à ce congrès histoire sinon de crever l’abcès en autorisant un débat franc et contradictoire, du moins, pour faire accroire à un climat démocratique du déroulement des travaux.

Quoi qu’il en soit, le congrès du FFS a tout l’air d’avoir été ficelé au dam des protestataires et au bonheur de la direction actuelle qui verrait

 » l’investiture  » de Karim Tabou qui s’est révélé être le chouchou du chef suprême. Seul suspense éventuel : la décision d’Aït Ahmed quant à demeurer à son poste de président du parti ou de s’en retirer. Mais pour quel autre prétendant ? Autre interrogation, la piste Hamrouche ayant été démentie…

H. O.