D’entrée de jeu, il évoque la cherté de semences qui se sont raréfiés depuis la crise de pomme de terre survenue l’été 2006, avant d’ajouter que par conséquent il a éprouvé une grande difficulté à les trouver à 85 DA. Ensuite, enchaîne-t-il, il y a les engrais pour enrichir les sols qui coûtent 3500 DA le quintal. L’opération d’ensemencement nécessite l’utilisation d’un tracteur, assortie d’une certaine main-d’œuvre et du mazout.
Dans la foulée, il cite les pesticides pour prévenir le mildiou et les frais d’énergie qui accompagnent l’irrigation. Et d’ajouter que le produit après d’autres frais consentis dans son arrachage est cédé entre 37 et 38 DA aux grossistes lesquels vont revendre la marchandise à d’autres intermédiaires d’où le prix de détail qui caracole entre 65 et 70 DA le kilogramme. M. Hamimi met aussi en avant des facteurs extérieurs qui ne sont pas liés au coût de cette légumineuse dont la consommation explose ces derniers temps.
« En 2004-2005, les producteurs de pomme de terre, qui ont vendu leur production à 10 DA et moins ont essuyé des pertes incommensurables », se plaint notre interlocuteur qui déplore que ces agriculteurs non dédommagés par l’Etat ont littéralement renoncé à cette filière pour s’occuper de cultures plus rentables. Et de souligner que les autorités du pays n’ont rien fait pour réguler le marché qui s’est davantage fragilisé l’été 2006 où on a enregistré une déficience flagrante au niveau de l’offre.
Enfin pour lui, l’importation, encouragée par la suppression de taxes douanières, n’a profité qu’aux importateurs et non aux agriculteurs encore moins aux consommateurs puisque, estiment-ils, le fait que les semences ne soient pas concernées par ces mesures, n’aura en rien changé la donne. Il estime au contraire que la situation a ouvert la voie à la spéculation tous azimuts et que la pérennité de la flambée illustre de fort belle manière que la marchandise ramenée de l’étranger n’a pas fait fléchir les prix qui demeurent aussi chers qu’au début de la crise qui met à mal le marché national depuis plus d’un an. Enfin, notre source propose une batterie de mesures pour venir à bout de cette crise persistante. Premièrement, insiste-t-il, il faut que le pays parvienne à produire en quantité et en qualité sa pomme de terre de multiplication et échapper à l’importation de semences coûteuses et malsaines entraînant fort souvent le ravage des récoltes par la terrible maladie du mildiou.
Deuxièmement, il faut que l’Etat encourage la création de coopératives qui auront pour mission de défendre les intérêts des paysans et de leur épargner tous les soucis liés à l’écoulement de leurs productions respectives. Troisièmement, il faut plancher sur une culture stable et de plus en plus étendue de cette légumineuse pour sortir définitivement cette filière maîtresse de la situation de précarité dans lequel on l’a jusque-là empêtré. Tout un programme.
Z. F.
