La faune sauvage dans la wilaya de Bgayet est confrontée à des agressions de toutes natures qui lui laissent très peu de chance de survivre et, partant, de se reconstituer, à moins que des mesures efficaces de protection soient prises opportunément par les pouvoirs publies.
Les zones forestières de la région, autrefois si giboyeuses, s’appauvrissent à vue d’œil, sans que personne ne semble s’émouvoir outre mesure.
A titre d’illustration, le lièvre, une espèce commune sous nos latitudes, qu’on débusquait accidentellement au détour d’une promenade dans la prairie et qui venait parfois picorer jusqu’aux pas des maisons de campagne, a presque déserté son bitope. Idem pour le sanglier, réputé pourtant pour sa rusticité et sa résistance à toute épreuve. C’est que des braconniers de tous poils le traque de façon impitoyable à l’aide de fusils et de pièges de toutes sortes.
On apprend que dans certaines localités, de jeunes désœuvrés en capturent à tour de bras pour les « refiler » à des restaurateurs moyennant la modique somme de six mille dinars. Des coups tout aussi fatals sont assénés à la biocénose des cours d’eau. La pêche intempestive a, en effet, considérablement appauvri le contenu faunistique de ces écosystèmes aquatiques.
L’étiage consécutif à la sécheresse de ces dernières décennies et la pollution outrancière ont fait le reste. L’état de l’oued Agrioun et de l’oued Soummam sont les exemples vivants de ces atteintes répétitives et ô combien pernicieuse à la biodiversité. Enfin, le moins averti des observateurs aura sans doute constaté que les colonies de passereaux migrateurs (grives, étourneaux, rouges-gorges…) qui colonisaient abondamment nos cieux et nos vergers en période hivernale reviennent chaque année moins nombreux. C’est à peine si des nuées d’étourneaux et quelques spécimens de rouge-gorges faisaient de furtives apparitions de temps à autres.
Nos contrées sont-elles donc devenues à ce point inhospitalières pour que toutes ces espèces animales y élisent de moins en moins domicile ? L’homme est-il le seul en cause. En tout cas, en détruisant leur riche environnement par le déboisement sauvage et les incendies et en s’adonnant à un braconnage à grande échelle, il y contribue grandement. Pour le reste, on se perd en conjectures.
N. Maouche
