Ce féru des chansons à texte, comme celles d’Oukil Amar, Moh Saïd Oubelaïd dont il a repris une musique, Farid Ali, Mohamed Chemoun, Rabia Brahim, tous issus de la même région, soit à Bounouh, à At Smâl, tracent un chemin que Abbas L’Hachemi n’est pas prêt de céder. L’album en question, intitulé Ajegig, est un ensemble de mots chatouillants qui rappellent une vie de Kabyle.
L’album est un reflet sincère d’une sagesse exemplaire de L’Hachemi, une sagesse héritée de ceux qui ont défriché le terrain vers un art monumental.
La JSK, club phare de la Kabylie, n’est pas passée inaperçue dans l’album dont une chanson lui a été dédiée sans tapage. Paroles et musiques sont de L’Hachemi. L’album est édité à l’édition Maréchal, à Tadmaït.
Le chant est orné de la superbe voix de Sabrina et de R. Brahim.
L’artiste évoque une batterie de sujets qui sont propres à notre époque. Il remémore les maux de l’exil sur l’émigré ainsi que la situation de quasi absence de l’être cher que vit la famille, notamment les femmes.
Sous une musique sentimentale, un poème berçant vous emmène au delà d’un monde d’amoureux. Les remontrances de l’amour sont étalées sans crainte. L’amour de la dulcinée » réchauffe » les entrailles d’un amoureux, prêt à tout pour sa bien-aimée.
Suded Am Vehri, l’artiste fait part de son angoisse dans un univers où l’amour est interdit. Il supplie la compagne de venir en aide à son amoureux. L’Hachemi Abbas orne sa poésie de mots sensuels et d’une verve éblouissante. Il éveille une sincérité profonde avec laquelle il aime ceux qui l’entourent.
Le fond musical, ne taraudant pas l’oreille des auditeurs, procure un repos total pour les amoureux de l’art tempéré. Enfin, L’Hachemi Abbas rend hommage aux mères, ces éternelles protectrices des enfants.
La musique immortelle de la chanson Avehri siwdassen Slam du défunt Moh Saïd Oubelaïd, monument incontesté de la chanson kabyle, embellit l’album. Le texte choisi n’est pas fortuit. L’Hachemi rend hommage aux artistes kabyles et à leur région. Il n’a pas hésité à égratigner les pourfendeurs de la chanson kabyle et les reprises qui stagnent l’évolution de cette dernière.
M. Mouloudj
