Les chantiers reprennent timidement

Fluctuant dans son prix au même titre que le pétrole, l’acier a grimpé démesurément ces derniers mois pour atteindre le million de centimes le quintal. L’arrêt technique momentané constaté dans deux cimenteries avait de son côté poussé les revendeurs à augmenter le prix du ciment qui avait frôlé la barre des 1 000 DA le quintal. Ces deux matériaux essentiels dans la construction ont vu leurs prix doubler en l’espace de quelques mois et cela avait fini par faire réagir les entrepreneurs en bâtiment. Ces derniers avaient déclenché un mouvement de protestation en suspendant les travaux dans leurs chantiers et en saisissant le chef du gouvernement par une plate-forme de revendications dans laquelle ils demandent le réajustement des marchés publics par l’application d’un coefficient forfaitaire avec effet rétroactif à partir de janvier, la publication des indices de révision des prix trimestriellement tout en les indexant sur les prix réels du marché et enfin le déplafonnement du coût de cession du logement LSP. Convaincu de la justesse des doléances des entrepreneurs, le gouvernement décida de la subvention du rond à béton et cette décision a amené ces derniers à décider lors d’une assemblée tenue le 26 du mois de mars de la reprise de leurs chantiers tout en restant mobilisés quant à l’aboutissement de leurs revendications. « Ce sont toutes les promesses du gouvernement, à savoir la subvention des matériaux de constructions, pas seulement le rond à béton, qui ont fait que nous avons décidé de reprendre le travail. D’ailleurs, si la situation perdure, nous serons obligés d’arrêter même sans entente entre les professionnels, mais obligatoirement par rapport aux prix », tient à préciser Chérif Zizi, entrepreneur et membre du bureau BTPH (CAP) de Béjaïa. Ce dernier cite aussi la faiblesse des indices de calcul de base et même d’actualisation par rapport à l’inflation qui touche principalement le rond à béton, le ciment, les agrégats et autres matériaux qui y découlent. Il insiste aussi sur leur publication tardive et d’ailleurs le dernier indice remonte à septembre 2005, alors qu’il est censé être à la disposition des entrepreneurs trimestriellement ou même mensuellement. Si la situation perdure, quelle sera alors la solution à trouver aux projets en cours et futurs ? « Seul le réajustement des prix peut régler le problème ou carrément la schématisation, c’est-à-dire payer le même prix du mètre cube de béton aux entrepreneurs chinois et algériens. Pour les futurs projets, ils peuvent subir le même sort et je vous cite le cas de celui de Tizi n’Berber pour lequel un avis d’appel d’offres avait été lancé en 2006 mais infructueux et réactualisé cette année, et il demeurera infructueux par rapport à cette inflation de prix », précise notre interlocuteur qui énumère pèle-mêle les problèmes rencontrés par les professionnels du bâtiment, notamment le déplafonnement du coût de cession des logements LSP qui doit se faire en urgence car étant une doléance qui date d’avant l’augmentation des prix des matériaux. La corporation a certes repris le travail mais elle attend aussi la prise en charge effective de ses revendications.

A. Gana