»Une décision politiquement étrange »

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L’Algérie a répliqué officiellement par la voix de Abdelaziz Belkhadem, ministre d’Etat, représentant personnel du président de la République aux déclarations du ministre marocain des Affaires étrangères qui a annoncé, depuis Rabat que la visite de Ahmed Ouyahia au Maroc, prévue pour le 21 et 22 du mois en cours, est « inopportune ». Répondant à ce « coup de tonnerre » surprenant, le représentant du chef d’Etat n’est pas allé de main morte pour fustiger les autorités marocaines. Il a ainsi jugé que la décision prise « souverainement » par le Maroc est « politiquement étrange et diplomatiquement maladroite ». Si on se réfère à ses dires, l’Algérie estime ne pas comprendre la réaction des Marocains. D’après lui, il y a d’autres méthodes pour s’expliquer. Contrairement aux responsables de Rabat qui viennent « bousculer » le processus de normalisation des relations bilatérales entamé depuis plus de deux années et après un travail rigoureux, le gouvernement algérien, dira l’orateur, qui était invité hier en sa qualité de secrétaire général du FLN à la clôture des journées d’études organisées par la section Femmes de sa formation politique, a, de son côté, oeuvré à l’aboutissement de ce dernier.Explicitement et sans ambages, Belkhadem a fait savoir que « L’Algérie a toujours voulu normaliser ses relations avec nos frères Marocains tout en espérant laisser la question du Sahara occidental suivre son processus à l’Onu ». Une cause, ardemment défendue par Abdelaziz Bouteflika, premier magistrat du pays, qui a dans un message adressé à son homologue sahraoui, exprimé son soutien à la cause du Front Polisario. Avec la même détermination, le ministre d’Etat, fortement interpellé par les journalistes sur cette question qui a fait, faut-il le souligner, couler beaucoup d’encre ces derniers temps, a bien insisté sur le concept de « nos frères Marocains ». Une façon pour dire que le blocage ne se trouve pas à Alger. Preuve à l’appui, Belkhadem a, de surcroît, estimé qu’ « il est anormal que nos voisins nous fassent part d’un report d’une visite unilatérale alors qu’il s’agit là d’une visite bilatérale ». A rappeler que cette visite controversée avait été annoncée par l’ambassadeur du Royaume chérifien lors d’une conférence-débat tenue au siège de la Confédération des cadres des finances et de la comptabilité au début de ce mois et dans laquelle il a souligné que ce déplacement est « éminemment politique puisqu’ il doit servir au cadrage politique du processus de la normalisation des relations bilatérales vers plus de sérénité et de confiance ». En outre, cette information qui a trait à la visite du chef de l’exécutif en compagnie d’une délégation au Maroc a été confirmée par Belkhadem et infirmée par la suite, par la personne concernée, à savoir Ahmed Ouyahia. Cet état de fait renseigne que le conflit entre les deux peuples est loin de connaître son épilogue. D’autant plus que les autorités algériennes restent fidèles à leurs positions, tout en renvoyant la balle dans le camp de leur détracteur. Et dire que la participation marocaine, importante pour le moins que l’on puisse dire, lors de la Foire internationale d’Alger qui a baissé rideau le 9 juin dernier augurait de bons auspices quant à l’amélioration des relations algéro-marocaines, dans la mesure où ils étaient très nombreux les opérateurs marocains à exprimer leurs vœux de venir investir en Algérie.

Wassila Ould Hamouda

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