Les vacances des enseignants gâchées

Comme un rituel immuable, les services financiers de la Direction de l’éducation se distinguent, encore une fois, par un retard dans le virement de la paie des enseignants. Si durant toute l’année, les salaires sont virés le « dix », exceptionnellement le douze de chaque mois, durant les congés, aucune date butoir n’est respectée. Au 20 juillet, après une attente qui semble interminable, les fonctionnaires commencent à manifester leur courroux : « C’est chaque année la même chose ». « Ils (la DE) savent qu’on ne peut rien envisager contre eux en cette période. C’est du mépris ». Toute la panoplie de qualifiants, les plus virulents, est adressée à qui de droit. Pourtant, c’est durant cette période appréhendée d’ailleurs par tous les fonctionnaires que les dépenses sont les plus élevées. Chacun aspire à meubler ces deux mois de repos du mieux qu’il peut, suivant ses rentrées d’argent. La prime de rendement versée habituellement à la fin du mois de juin ou au pire en même temps que la paie n’est plus d’actualité. En désespoir de cause, les concernés ne cessent de nous solliciter pour attirer l’attention des responsables. « Comment dès lors programmer une sortie en famille, ne serait-ce que pour se rendre convenablement à une fête ? », nous dit Abdellah, un enseignant que nous avons rencontré à la sortie du marché, ce samedi. « J’ai gaspillé le peu d’argent qui me reste dans le compte à faire quotidiennement des demandes d’avoir depuis le 10 juillet. Doit-on, comme chaque année, passer les vacances à attendre comme des mendiants cet argent que nous avons gagné ? », renchérit un autre maître. Les vacanciers venus des autres régions ne cessent de narguer les gens d’ici. Ceux d’Alger, de Tébessa, de Béjaïa et Tiaret, en vacances à Aïn El Hammam, sont payés sans retard. Ce qui laisse à penser que cette situation qui se répète à n’en plus finir ne concerne que la wilaya de Tizi Ouzou. Ni les grèves ni les pétitions ne semblent avoir une quelconque influence sur les « fautifs » pour les amener à changer les choses. Les enseignants ne demandent qu’à percevoir leur dû au moment opportun. « Un nouveau programme » doit être envisagé dans ce sens, pour permettre aux enseignants d’accomplir pleinement leur noble mission, avec un esprit serein d’où seront évacués tous les faux problèmes.

A. O. T.