La canicule bat bien son plein et la saison chaude risque encore de perdurer avec l’ensemble des incendies qui se déclarent chaque jour. Les feux de forêt viennent à leur tour compliquer l’existence des citoyens vivant loin de la fraîcheur côtière et les plages animées de la grande bleue. Pour des raisons climatiques et beaucoup plus géographiques, Bouira, à l’instar de nombreuses villes de l’intérieur du pays, suffoque et se porte très mal pendant la période chaude. Alors «Comment fuir la fournaise et par quelle solution magique arrive-t-on à échapper au calvaire ?» s’interroge chaque citoyen ayant les moyens limités et ne pouvant ainsi changer de ville pour aller vers un climat plus doux où il fait bon vivre. Durant le jour, la ville devient fantomatique, l’inertie est totale et les artères sont vides sous le soleil de plomb qui fond le bitume. Jusqu’à la fin de l’après-midi, les gens gardent leur chez eux et n’osent plus s’aventurer à l’extérieur. Car la ville n’offre à ses citoyens aucun espace ombrageux et les lieux de verdure se comptent sur les doigts d’une seule main. Et même le soir, quand les familles sortent en ville à la recherche de la fraîcheur ou pour prendre un peu de distance du climat carcéral régnant entre les quatre murs, la déception n’est pas minime face à des constructions sans vie et en l’absence criante des lieux de loisirs et de distraction. Le seul site où il faisait bon de passer des moments plus au moins agréables, en solo ou en compagnie de sa famille fut le parc d’attraction d’Errich. Malheureusement, et en laps de temps très réduit, le parc s’est transformé en un véritable cimetière pour les manèges qui faisaient naguère le bonheur des bambins. Seuls les sportifs en quête d’air pur y vont régulièrement visiter ces lieux de verdure devenu depuis symbole d’un désastre incommensurable pour des centaines voire des milliers de familles qui s’y rendaient chaque soir pour le plaisir de leurs enfants. Et le désastre ne s’arrête pas là, car la splendide forêt est devenue actuellement une proie facile pour les bûcherons qui n’en ont cure de ce qui fait la beauté de la nature et encore moins de l’écosystème. Sachant pertinemment qu’ils doivent aller ailleurs pour prétendre passer des vacances, les jeunes de Bouira se démènent comme ils peuvent. Pour certains, la solution est toute prête en optant pour la formule «Fourgon». Il suffit en conséquence de débourser 300 DA (prix aller/retour pour une personne) et de se lever tôt le matin pour prendre le fourgon, en compagnie de ses amis ou ses copains du quartier, à destination des plages les plus proches. Le reste des jeunes peuvent choisir entre suivre ou participer à un match de l’interquartier qu’organise en pareil période la ligue de wilaya «sport pour tous» sinon aller s’abonner à la piscine olympique pour 1 000 DA le mois en ouvrant droit à deux séances de natation par semaine. Le soir, dans les quartiers et au bas des immeubles, jeunes et moins jeunes s’adonnent qui aux dominos, qui aux parties de dames sous le regard nonchalant des petits qui les entourent. Les jeux peuvent se poursuivre jusqu’à tard dans la soirée et se terminent parfois dans un climat de taquinerie, d’injures et les hostilités des mauvais perdants. Pour les familles qui désirent se promener le soir en quête de fraîcheur, la ville n’a rien à offrir en guise de détente et de délassement. Aucun lieu public n’est conçu à cet effet par les responsables de la ville. Le peu d’espace vert qui existe est mal éclairé et n’invite pas au repos. Côté culture et soirées artistiques, il faut avouer que le créneau est littéralement mis aux oubliettes, la ville de Bouira à l’image des autres cités de la wilaya ne connaît malheureusement pas d’initiatives allant dans ce sens. Alors que la ville dispose d’un théâtre municipal, d’une salle des fêtes et de plusieurs places publics où des galas et toutes sortes de manifestations distractives peuvent être organisés. Il n’en est rien, et devant l’incapacité avérée des responsables pour créer un semblant d’ambiance et d’animation dans la ville, on n’a pas besoin d’être prophète pour prédire que l’été 2008 sera semblable aux précédents. A la géhenne du jour, s’attelle la morosité des soirées infernales.
B. D. B
