On est en droit de dire que cette année est celle où la région a organisé le plus d’activités d’animations culturelles depuis très longtemps. Aux quatre coins de la région, des festivités culturelles, des festivals et des rencontres ont été organisés par les associations locales, avec les moyens dérisoires dont elles disposent et que l’on connaît tous. La Kabylie sort de sa léthargie, longtemps entretenue pour des raisons mesquines et surtout après l’ensanglanté Printemps de 2001, toutes les activités ont été mises en veilleuse après la centaine d’assassinats de jeunes émeutiers. Cette «renaissance» culturelle dans la région vient au moment où la région se distingue par les créneaux choisis pour ces activités. Loin des tintamarres officiels, la Kabylie s’anime. Une animation qui fait sa personnalité et qui s’enracine davantage dans son comportement. En plus des théâtre, musique, poésie et autres facettes artistiques, la région a choisi aussi de fêter l’huile d’olive à Akbou, la cerise, jadis à Larbaâ Nath Yiraten, la figue, comme ce fut le cas à Lemsella, Illoula Oumalou, en attendant Beni Maouche. L’artisanat local aussi n’a pas été en reste. En effet, le tapis, les bijoux, la poterie, le couscous, le plat préféré des Kabyles, et plein d’autres créneaux, qui constituent, désormais, le fer de lance du domaine culturel en Kabylie, ont eu leur fête et animation. Même avec les maigres subventions allouées à la culture par les autorités nationales, les réalisations de cette année méritent tous les encouragements. Les jeunes adhérents des associations culturelles qui ont pris le taureau par les cornes afin de redonner vie et vitalité à ce domaine, savaient qu’en dehors de leur volonté inébranlable, nul ne pouvait réanimer cet espace. Ils ont lancé des paris qu’ils ont remporté. Par leurs actions, ils ont fait de la région un joyau culturel tout au long de la saison estivale. Sur un autre plan et en dehors de l’aspect de l’animation que recèle ces événements pour la région, ils constituent un éveil culturel considérable après tant d’années d’apathie et d’hibernation. La portée politique de tous ces événements réalisés par les associations de jeunes, assistés dans le meilleur des cas par les autorités culturelles de la région, est une autre forme de résistance. Elles constituent un rempart contre les tentatives de perversion de la culture régionale et nationale pour lesquelles les islamistes sont passés maître en la matière. Sur un autre volet, la Kabylie qui s’anime est un défi contre les hordes terroristes islamistes qui cernent la région. Alors que les islamistes assassinaient les artistes et les hommes de culture, la Kabylie leur rend hommage. Elle reprend leur combat contre l’ostracisme et l’intégrisme pour mieux perpétuer leurs mémoires et leur savoir.
M. Mouloudj
