Système de sécurité

Les « hold-up » spectaculaires se banalisent en Kabylie. La semaine dernière, c’est la poste d’Ait Oumalou, dans la daira de Tizi Rachid, qui a été délestée, en plein jour, de près de cent quatre-vingt millions de centimes. La facilité avec laquelle les malfaiteurs ont agi est déconcertante : il a suffi à l’un des deux hommes de montrer unes carte de police (volée bien entendue) pour que le guichetier, sans méfiance, ouvre la porte et les introduise à l’intérieur de l’agence. En effet, depuis l’attaque de la poste de Fréha, en juillet 2004, les agences postales situées dans des zones où il n’y a pas de service de sécurité, payent les clients à partir de fenêtres grillagées. Ce procédé qui donne l’impression de protéger les guichets, crée beaucoup de désagréments aux clients qui doivent attendre dehors qu’on leur donne leur agent, sans oublier les risques qu’ils courent de se faire dépouiller par les truands qui rôdent aux alentours. Les truands d’Ait Oumalou, eux, ont réussi à entrer dans l’agence. Une fois dedans, ils ont sorti une arme et se sont emparés de l’argent contenu dans les caisses ! Sûrs d’eux, ils ont poussé l’insolence jusqu’a se rendre à la station de taxis et demander à un taxieur de les transporter : l’homme a refusé et les deux bandits se sont évaporés dans la nature ! Ce hold-up prouve que le système de sécurité adopté par les agences (argent remis à travers un grillage) n’est pas efficace. D’ailleurs, c’est quatre agences au total qui ont été cambriolées depuis le coup de Fréha. Les agences postales et les banques situées dans les zones exposées au vol devraient s’équiper de systèmes de protection plus performants, même si cela doit leur coûter de l’argent. Il faut aussi, pour décourager les malfaiteurs et rassurer les populations, doter les zones isolées de postes de police.

S. Aït Larba