Décidément, les détracteurs de tamazight dans la ville de Bouira semblent bien décidés à empêcher à tout prix l’enseignement de cette langue qui est pourtant introduite par l’Etat algérien dans le système éducatif depuis quelques années et qui plus est consolidée par son statut de langue nationale depuis peu. Après le collège Gouizi-Said en 2006 et Smili cette année, deux établissements ayant vu des suppressions de l’enseignement de tamazight, c’est autour d’un autre établissement du moyen de la ville de Bouira, le CEM Ibn Kheldoun en l’occurrence, où la question de l’enseignement ou non de cette langue sera soumise au débat. En effet, l’association des parents d’élèves dudit établissement invite pour demain 10 h au sujet, lit-on, de l’enseignement de tamazight. Des convocations remises aux collégiens à l’heure des cours, et qui n’ont pas manqué de soulever le courroux d’un enseignant de tamazight. Ce dernier qui s’est présenté à notre bureau s’est dit choqué par le contenu de la convocation qui venait d’être distribuée à ses élèves au moment où il s’apprêtait à rentrer en classe. “J’étais stupéfié en lisant le contenu de la convocation destinée aux parents. Je suis contre la tenue de cette réunion car ce n’est pas aux parents ou à l’association de décider de l’enseignement ou non de tamazight”, a-t-il déclaré, avant d’ajouter “je me demande comment des personnes se donnent le droit de débattre de l’enseignement d’une langue alors que l’Etat a tranché là-dessus et a rendu son enseignement obligatoire pour tous”. L’enseignant nous a également fait part de certaines rumeurs circulant depuis quelque temps au sein de l’établissement faisant état de la possibilité de la suppression de tamazight à l’examen du BEM. Des rumeurs, dira-t-il, “distillées par des gens hostiles à tamazight parmi les rangs des collégiens, visant sa discréditation”. Selon donc cet enseignant, il y aurait eu un véritable travail de sape. Revenant sur l’épisode d’hier, notre interlocuteur a regretté le fait que ce genre de convocations soit distribué à des collégiens alors qu’ils s’apprêtaient à suivre le cours de tamazight. “J’étais complètement perturbé en entrant en salle, entendant des élèves crier qu’ils n’étudieront plus cette langue et que leurs parents vont trancher sur la question.” L’enseignant, la mine des mauvais jours, nous fera remarquer qu’“il a eu du mal à raisonner et à calmer ses élèves “. A signaler qu’au niveau de cet établissement où des personnes tentent actuellement de rayer tamazight des matières assurées aux élèves, cette même matière avait enregistré un taux de réussite plus que satisfaisant de l’ordre de 62% lors des examens du BEM l’an dernier.
Djamel M.
