Dès l’entrée, notre attention fut attirée par l’emblème national tout neuf, accroché au fronton de l’établissement alors que l’odeur de la peinture fraîche nous rappelle que les travaux viennent juste d’être achevés. Le hall faisant face au Djurdjura, a subi des modifications pour éviter au froid de s’engouffrer dans l’école. Il faut dire qu’à mille deux cent mètres d’altitude, l’école de Sidi Ali Ouyahia est la plus froide de la région. Dans la cour de récréation, il règne une ambiance de fête chez les jeunes enfants venus avec des sachets de gâteaux, de la limonade et des bonbons pour fêter leur retour dans cette école qu’ils ont quittée malgré eux. L’état des locaux où des fissures dangereuses avaient apparu, il y a plusieurs années, a conduit parents et enseignants à saisir les autorités pour signaler le danger dans lequel évoluaient leurs enfants.
Plusieurs grèves dont nous nous sommes fait l’écho, avaient été initiées par les parents pour réclamer le maintien des enfants sur les lieux et suggérant que les travaux se déroulent en période de vacances. Malgré l’urgence de la situation, ce n’est qu’en août 2007 que le chantier avait été ouvert.
A la rentrée scolaire, le quartier est de la ville n’avait plus d’école. Pour parer au plus pressé, les élèves ont été répartis sur plusieurs écoles, particulièrement celle d’Aït Mellal dans la commune d’Aït Yahia. Qu’il pleuve ou qu’il neige, les chérubins devaient alors, parcourir, à pied, deux kilomètres sur des routes où le danger de se faire écraser par des voitures est omniprésent. Les enseignants n’étaient pas mieux lotis puisqu’ils devaient suivre leurs élèves et s’installer dans une école qui, par la force des choses, s’est retrouvée avec deux directeurs. L’établissement retrouvé fonctionne, normalement, depuis samedi mais il est tout de même utile de signaler l’urgence de la construction d’un mur de soutènement du côté de la route. En attendant, pour éviter des accidents, une clôture devient plus que nécessaire, surtout que la cour, exiguë, pourrait conduire les enfants à chercher de l’espace, sans se soucier du danger.
Notons que même si l’essentiel est réalisé, il faudrait penser aussi, à doter d’une cantine cette sympathique petite école dont les enseignants nous promettent d’excellents résultats en fin d’année. Rendez-vous donc est pris pour juin.
A. O. T.
