Cependant, des appréhensions nouvelles surgissent, telle la peur de se voir voler sa production. On évite d’entreposer ses sacs dans un endroit facilement accessible.
Les olives ont été, pendant des générations, un produit intouchable et protégé par une sorte de loi silencieuse et respectée. Mais les temps ont à l’évidence bien changé. Seize huileries sont actuellement opérationnelles à travers les villages de la commune et d’autres vont entrer incessamment en activité.
Dans les communes voisines d’Aït Oumalou et d’Aït Aggouacha, la récolte est encore plus avancée, mais les superficies existantes dans ces deux communes sont moindres. Sept huileries ont ouvert cette année à Aït Aggouacha alors que les oléiculteurs d’Aït Oumalou font triturer leurs olives ailleurs à Tizi Rached ou Larbaâ Nath Irathen.
L’huile de l’année est déjà sur la table de ceux qui ont trituré une partie de leur production. Mais le prix de vente n’a pas encore connu de baisse logiquement attendue d’une bonne récolte. L’huile caracole toujours fièrement à 350 DA le litre.
Et le vendeur, venu de loin, qui chaque mercredi s’installe au marché a arraché cette réflexion à un passant. « Autant vendre du poisson à un pêcheur ! » La baisse du prix de vente survient généralement à la fin de la récolte quand les moulins à huile regorgent de ce produit prisé.
Quatre villages concentrent le gros des oliveraies de la commune, à savoir Aït Frah, Aït Atelli, Taourirt Mokrane et Azouza.
La valorisation du produit sur le marché a favorisé un regain d’intérêt pour cette activité séculaire. Et les vastes paysages d’oliviers bien entretenus à Aït Frah, AÏt Atelli ou Azouza témoignent de cette tendance à la reprise.
L’huile d’Aît Frah (zith thafrahth) profite d’une renommée au-delà de la région et le défunt Mohia l’a même citée dans une des ses pièces Thachvaylith. Le travail des oliveraies reste toujours très pénible en montagne. Cette année, un grand nombre d’accidents a été enregistré, dus aux chutes du haut des arbres.
Et nombre d’infortunés, oléiculteurs, notamment des jeunes hommes inexpérimentés se sont retrouvés à l’hôpital avec quelquefois de graves traumatismes.
On déplore parfois, hélas, même des décès. La récolte exige par ailleurs un travail de fourmi, sur des terres en pente à ramasser un à un les précieux grains.
Autant dire que l’huile d’olive de montagne, produit éminemment biologique, est un concentré de tellement d’efforts qu’aux yeux des producteurs exténués, son prix est largement mérité !
M. Amarouche
