Du coup, plusieurs clubs de la wilaya se retrouvent subitement en situation de blocage qui ne dit pas son nom. Une quinzaine de clubs dont les présidents ne répondent pas « au critère » relatif au niveau scolaire ont été en effet destinataires de correspondances de la DJS les incitant à refaire leurs assemblées et à se mettre en conformité. Il faudra comprendre par là que les clubs sont en situation irrégulière. Ils n’ont d’ailleurs pas reçu leur agrément. C’est comme s’ils travaillaient au noir. Du fait, ces formations ne peuvent pas prétendre à une quelconque subvention ou aide financière. Et lorsque l’argent manque, rien ne peut marcher. Volontaires, les présidents essayent tant bien que mal de maintenir leurs machines en marche en attendant des jours meilleurs. Ces présidents, dont le niveau scolaire est considéré inférieur à celui exigé par le MJS, ont été pourtant élus le plus normalement du monde, et ce en présence de représentants de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) qui ont validé les assemblées générales qui les ont installés, tenues pour la plupart l’été dernier. Plus d’un se demande pourquoi cette circulaire n’a pas été appliquée alors. Cette même circulaire qui met actuellement dans l’embarras ces clubs amateurs de Tizi a été en effet complètement ignorée lors des renouvellements des mandats olympiques (2008-2012). Il semble que la DJS n’a pas été informée sur le sujet. En tout cas, les commissions de candidatures installées à la veille de la tenue des assemblées générales au sein des clubs n’ont pas été avisées, sinon elles auraient pris les dispositions nécessaires. C’était facile : chaque candidat à la présidence de club dont le niveau scolaire n’est pas à la hauteur aurait vu son dossier refusé. Mais voilà que le certificat de scolarité n’a pas été inclus dans les dossiers de candidature du fait que cela n’a pas été nécessaire. Six mois après, le problème surgit on ne sait comment pour pénaliser ni plus ni moins les clubs qui ne demandent pourtant qu’à » se faire lâcher » afin de travailler et mener à bien leur mission. Ces présidents sont des bénévoles, faut-il le signaler. Et puis pourquoi avoir attendu tout ce temps pour revenir à la charge ? Qui doit couvrir et justifier les six mois d’activité et qui rendra les comptes et pour qui, du fait que ces présidents ne sont pas reconnus ? Aussi le renouvellement des bureaux se fait en principe à la fin de la saison. Il s’agit là de quelques questions qui taraudent les esprits à Tizi. Les amateurs de football dans la wilaya se demandent pourquoi on s’empresse ainsi d’appliquer la directive de Guidoum particulièrement à Tizi. Certains observateurs sont pourtant convaincus que cette directive qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive lors de sa promulgation visait en premier lieu les clubs de l’élite. Il est vrai, en effet, que c’est au sein des formations de D1 et D2 que l’on gère des milliards, ce qui impose aux gestionnaires des connaissances qu’on ne peut acquérir par le simple fait de la pratique de l’art ou une quelconque expérience dans le domaine. Ces clubs qui n’ont d’élite que le nom sont devenus des machines à sous qui exigent un niveau élevé de scolarité. Mais force est de constater que grand nombre de ces clubs ne sont pas dotés de président répondant à la condition. Le problème est donc ailleurs, cela sauf si le MJS veut s’attaquer à la racine avant d’arriver à la tête. Si c’est le cas, il doit jouer carte blanche et surtout appliquer la disposition à travers l’ensemble du territoire national, sinon autant laisser les présidents et les clubs amateurs de Tizi-Ouzou travailler dans la sérénité. Aussi, ce n’est peut-être pas le moment pour sévir. Attendre la fin de la saison serait, pour plus d’un, idéal.
M. O. B.
