L’association des stomisés de Béjaïa a organisé jeudi dernier à la Maison de la culture Taous Amrouche sa 3ème journée d’information et de sensibilisation sur la de stomie, après celles de 2003 et de 2006, déplore l’absence totale des autorités (administration et élus) invitées à inaugurer officiellement le centre d’entéro-stomatérapie d’Ihaddaden. « Le stomisé, indique Rachid Mansouri, président de l’association en marge de la manifestation, est un être fragile qui souffre en silence ».
La maladie qui l’oblige à porter un sac en plastique en permanence pour y évacuer ses selles l’a rendu sensible au moindre fait et geste de la société à son endroit. Aussi pour vivre dans la dignité et ne pas se fabriquer des complexes d’infériorité, il a besoin de respect et de la considération de ses concitoyens.
Un stomisé, explique-t-on, est une personne, qui a subi une stomie et ne peut plus faire ses besoins normalement par les voies naturelles. Son colon a été coupé et tiré a l’extérieur par la paroi abdominale pour être abouché à un sac en plastique destiné à recueillir les selles. Pour que tout se passe « normalement » et que le malade sente le moins de gène possible, il faut que le sac convienne au type de maladie dont souffre le patient et que le diamètre de la sortie du sac corresponde à celui de la stomie. Enfin pour qu’il soit propre et qu’il ne dégage pas d’odeur, il faut le renouveler plusieurs fois par jour. A travers cette journée, les stomisés de Béjaïa au nombre de 185, selon le président de l’association, lancent un appel aux autorités pour une meilleurs prise en charge de leur maladie, ne serait-ce que pour une disponibilité permanente des sacs de stomie. Plus de 80% de stomies, toujours selon le président de l’association, ne sont pas assurés à la CNAS.
Et pour répondre à leur demande, l’association a en recours aux dons des bienfaiteurs et à la récupération des sacs non utilisés des stomisés décédés. Dans une certaine mesure, l’ONAAPH (Office national d’appareillage et accessoires pour personnes handicapées) prend en charge les fournitures des sacs de stomie de stomie. Mais cela, selon des témoignages, après avoir fait subir aux malades un véritable parcours du combattant. Les stomisés de Béjaïa fondent un grand espoir, quant à l’approvisionnement en sacs de stomies, sur le centre d’entéro-stomatérapie (CEST) d’Ihaddaden qui vient d’être ouvert.
Le président de l’association assure qu’il sera doté d’un psychothérapeute et d’une salle de matériel médical pour couvrir les besoins de stomisés.
Il leur permettra en cas de se rencontrer et d’échanger leurs expériences sur leur maladie.
B. Mouhoub
